Au sommaire :
- L’armement au XIe siècle
- Le château de la Rivière à Saint-Fromond
- La pierre de Caen
- Bagnoles-de-l’Orne
- Normandie impressionniste
- Le musée maritime, fluvial et portuaire de Rouen
- L’hôtel de ville de Cherbourg : une leçon d’histoire
- Alfred Rossel, poète chansonnier normand
- La Société Alfred Rossel et les traditions normandes
- Le lait de mai dans le Nord-Cotentin
- Monique Corblet de Fallerans, commandeur de la Légion d’honneur
- Château de Mesnières-en-Bray
- Vieux-la-Romaine : le musée et sites archéologiques
- Cheval en Normandie :
- Saint-Lô : capitale éphémère du cheval
- Agenda et actualités
- Sorties littéraires
Éditorial
Nous commémorons le 66e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie. À cette occasion, rappelons-nous le tribut payé par les Normands pour la libération de la France et de l’Europe. 20 000 civils périrent durant les combats, majoritairement victimes des bombardements massifs de nos villes : Le Havre, Cherbourg, Saint-Lô, Lisieux, Valognes et tant d’autres détruites.
Pouvons-nous mesurer la perte patrimoniale de nos édifices, de notre histoire, les blessures morales et physiques endurées par la population prise dans une bataille apocalyptique comparable à celle du front de l’Est ? L’évacuation et la souffrance de ces civils sur les routes mitraillées ? Il est impossible d’évaluer un bilan objectif.
Nous souhaitons contribuer modestement à ce devoir de mémoire et vous proposons une nouvelle rubrique consacrée aux Normands dans la bataille.
Nous l’ouvrons aujourd’hui avec le témoignage de Madame Corblet de Fallerans, témoin d’un crime de guerre perpétré par les forces nazies sur notre sol, femme au parcours et au courage incroyables, histoire d’une jeune Normande tout d’abord libérée, qui, pour une certaine idée de l’honneur de la France, se lance dans une aventure qui finira dans le camp de concentration de Ravensbrück.
Le 7 mai, le ministre de la Défense, Monsieur Hervé Morin, a remis la cravate de la Légion d’honneur à la résistante Madame Corblet de Fallerans.
Hervé Morin, Normand, profondément attaché à notre histoire, nous fait l’honneur de se joindre à cet éditorial pour souligner cet hommage.
Laurent Corbin, rédacteur en chef de Patrimoine Normand
Le choix de Patrimoine Normand de rendre hommage à Madame Monique Corblet de Fallerans contribue pleinement au devoir de mémoire qui est notre devoir à tous.
Monique Corblet de Fallerans est, en effet, une figure de la Résistance, témoin engagé des pages les plus sombres et les plus glorieuses de l’histoire de notre pays. C’est l’une de ces silhouettes de l’Armée des Ombres, qui, au plus profond de leur cœur, dans chacun de leurs choix, ont fait leurs ces paroles du général de Gaulle : « Les plus nobles principes ne valent que par l’action. »
C’est une femme entière, courageuse et déterminée, qui a su sortir de l’ornière du silence et quitter les sentiers battus de la sécurité, du confort et de l’attente, pour ceux de l’action, du risque et de l’espoir.
À travers son parcours, à travers son engagement, elle incarne pour nous tous l’esprit de la Résistance, ce refus du déshonneur, cette dignité qui ont permis à notre pays de recouvrer très rapidement son indépendance et sa souveraineté, mais aussi de porter son message et ses valeurs sur la scène internationale.
Elle incarne également l’héritage moral de la Résistance, ses trois enseignements majeurs que nous devons en permanence garder à l’esprit. Le premier, c’est que la sécurité et la paix ne sont jamais acquises. Le deuxième, que les démocraties ont payé au prix fort d’avoir trop tardé à réagir face à la barbarie. Le troisième, enfin, qu’il ne faut jamais désespérer de l’homme, ni de l’avenir.
Comme Jacques Vico, Paul Legoupil, Bernard Duval et tous les résistants normands dont beaucoup furent déportés, comme les combattants de la France Libre, les maquisards des Glières ou du Limousin, comme les milliers de Justes, Madame Corblet de Fallerans est de ceux qui ont dit non quand tant d’autres restaient silencieux. Elle est de ceux qui sont restés debout quand tant d’autres courbaient l’échine. Elle est l’honneur de la France.
Monsieur Hervé Morin, ministre de la Défense











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