Dieppe rayée de la carte
La « bombarderie » de 1694
Durant le long règne de Louis XIV (1643-1715), la France fut rarement en paix. Le Roi-Soleil mena en effet une politique d’expansion territoriale tous azimuts qui le conduisit à entrer en conflit avec la plupart de ses voisins. En 1688, débute la terrible guerre de la Ligue d’Augsbourg, au cours de laquelle la Normandie se retrouve en première ligne. Et c’est la cité de Dieppe qui paie le prix fort.
La « bombarderie » de Dieppe, en 1694. Attaque de la ville vue depuis le large. Gravure anonyme, 1695. (© Rijksmuseum d’Amsterdam – www.rijksmuseum.nl)
Parmi les belligérants hostiles à la France figure l’incontournable Royaume-Uni, cette fois-ci allié aux Pays-Bas. À eux deux, ces États disposent d’une flotte gigantesque. En un scénario maintes fois rencontré au cours de l’Histoire, les Français envisagent d’abord de porter le fer et le feu outre-Manche. Philippe VI de Valois (1328-1350), en son temps obnubilé par cet objectif, perdit sa flotte à la bataille de l’Écluse, le 24 juin 1340 ; Napoléon Ier verra pour sa part la sienne anéantie à Trafalgar, le 21 octobre 1805 ; quant à Louis XIV, le désastre de la Hougue1, survenu sur les côtes du Cotentin du 29 mai au 3 juin 1692, sonne le glas de ses espérances. Hitler ne fera pas mieux, avec sa chimérique opération Seelöwe ou Lion de Mer. Pour rappel, personne, depuis Guillaume le Conquérant, n’a réussi à s’emparer de l’île !
Tout commence… en Bretagne !
Les Anglo-Néerlandais sont de facto maîtres des mers en général, de la Manche en particulier. Rien ne peut y transiter sans leur aval, quand ils ont toute liberté d’y mener des attaques. En 1693, ils tentent de détruire Saint-Malo, repaire de corsaires, mais l’affaire se solde par un fiasco. On clame haut et fort que la seule victime de cet assaut est un infortuné chat ; une blague court même dans le royaume de France : « L’Anglois, semblable à la Montagne / Qui n’enfanta qu’un simple rat / Dans sa Malouïne campagne / N’a fait mourir qu’un pauvre chat. »
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