PATRIMOINE NORMAND

Les abbayes normandes dans la guerre de Cent Ans

Depuis 1204, à l’exception de quelques épisodes guerriers ponctuels survenus notamment durant la jeunesse de saint Louis, l’ensemble du territoire normand jouit d’une paix durable. Les vieilles enceintes urbaines nées des conflits antérieurs sont laissées à l’abandon, le plus souvent absorbées dans des faubourgs. Dans les campagnes, rien ne menace l’intégrité des gros bourgs ou des opulents monastères. Face à la vague de violence qui déferle sur le duché à compter de l’été 1346, chacun va s’employer à survivre.

À Caen, statue de Bertrand du Guesclin réalisée par le sculpteur Arthur J. Le Duc (1848-1918). Le futur connétable de Charles V poussa les religieuses à fortifier leur monastère. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

À Caen, statue de Bertrand du Guesclin réalisée par le sculpteur Arthur J. Le Duc (1848-1918). Le futur connétable de Charles V poussa les religieuses à fortifier leur monastère. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 12 novembre 2025 à 18:34 Par
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Avant cette année-là, la Normandie a pourtant déjà payé un lourd tribut au conflit : nombre de ses marins ont en effet perdu la vie lors de la bataille navale de L’Écluse, qui a conféré aux Anglais la suprématie en Manche. Mais le territoire de notre région est pour sa part demeuré en marge des premières escarmouches terrestres, circonscrites à la Flandre, à l’Armorique et à quelques raids éclairs sur les côtes sud de la Grande-Bretagne, menés d’ailleurs par des Normands.

Lorsque Édouard III débarque à Saint-Vaast-la-Hougue, le 12 juillet 1346, la guerre devient pour chacun une cruelle réalité : à la tête de son armée, voici le roi d’Angleterre qui entreprend une chevauchée à travers le duché de ses ancêtres, laissant dans son sillage villes incendiées et pillées, populations rançonnées, désemparées ou massacrées. Le chroniqueur Jean Froissart résume la panique qui s’empare des foules : « Ils fuyaient devant les Anglais d’aussi loin qu’ils en entendaient parler et abandonnaient leurs maisons, leurs granges toutes pleines » (extrait modernisé des Chroniques). On les comprend… Le début d’un siècle de cauchemar !

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