PATRIMOINE NORMAND

Les fusillés normands de la Grande Guerre

Quand des Français exécutaient des Français

Entre le déclenchement de la Première Guerre mondiale et l’armistice du 11 novembre 1918, plusieurs centaines de soldats français sont passés par les armes, au terme de procédures judiciaires particulièrement expéditives, qui n’ont que l’apparence d’une justice digne d’un état démocratique. Parmi ces malheureux, on compte au moins 44 hommes nés dans les cinq départements normands.

Les fusillés normands de la Grande Guerre - Quand des Français exécutaient des Français (© Guillaume Néel).

Les fusillés normands de la Grande Guerre – Quand des Français exécutaient des Français. (© Guillaume Néel)

Mis à jour le 22 novembre 2025 à 18:05 Par
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Lorsque le conflit éclate, au début du mois d’août 1914, des centaines de milliers de Français prennent la direction des dépôts régimentaires, avec un mélange d’enthousiasme, d’inquiétude et de résignation. On ne se fait certes aucune illusion : la guerre sera sanglante et certains n’en reviendront jamais ; elle sera cependant courte, et bien sûr victorieuse. « Biberonnés » à l’école de la IIIe République par les propos rassurants des manuels d’Ernest Lavisse, les citoyens-soldats montent au front persuadés que leurs « généraux sont aussi braves que ceux qui combattirent en 1870, et ils sont plus instruits. » Le premier de ces glorieux chefs, le généralissime Joffre (1852-1931), profite d’une aura quasi mystique : réputé éclairé, pratiquement omniscient et donc invincible, il affiche ses certitudes victorieuses derrière sa célèbre moustache blanche et sa bedaine bardée de médailles, sous un képi couronné de lauriers.

Fin du rêve d’une victoire facile

La mobilisation générale s’effectue à peu près sans encombre et les grandes unités se concentrent en temps et en heure sur les zones qui leur sont dévolues. C’est après que cela coince… D’abord parce que Joffre et son état-major n’ont ni élaboré ni testé de véritable plan pour contrer le plan Schlieffen, dont ils ont pourtant connaissance, au moins partiellement.

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