La tragédie des Normands à la bataille d’Azincourt
De toutes les batailles qui opposèrent l’Angleterre et la France pendant la guerre de Cent Ans, celle qui se déroula à Azincourt le 25 octobre 1415 fut sans doute la plus incroyable. Ce massacre, aussi terrible que rapide, s’acheva par la défaite spectaculaire des troupes françaises et scella le sort tragique de nombreux valeureux normands. Galerie de portraits de personnages engloutis dans la tempête.
Le roi d’Angleterre Henry V. Sur sa cotte d’armes, il porte un écartelé de léopards anglais et de lys de France. Son père, Henry IV († 1413), avait déjà rendu compliquées les relations franco-anglaises. Lui n’hésita pas à relancer le conflit. Poésies anonymes sur les rois d’Angleterre. (© The British Library, Harley 4205, fol. 7 v. Manuscrit anglais, vers 1445-1450)
Au début du XVe siècle, peu d’hommes furent aussi déterminés, énergiques et pétris d’ambition que le roi d’Angleterre Henry V de Lancastre. Profitant des conflits intérieurs qui ne cessaient de secouer et de diviser la France entre Armagnacs et Bourguignons, ainsi que de la fragilité mentale de Charles VI, il se mit en tête de rompre unilatéralement la trêve signée en 1396, qui devait pourtant durer 28 ans. Son but ? D’abord récupérer la Normandie, puis s’emparer du trône de France. On ne peut reprendre ici tous les détails de cette grande opération militaire.
Mais, pour planter le décor, souvenons-nous qu’après le débarquement par des centaines de navires de dizaines de milliers d’hommes sur la côte normande, le 13 août 1415, près de deux mille Anglais périrent, autant dans des combats que pour cause de dysenterie, pendant le siège et la prise d’Harfleur1. La ville résista bien plus longtemps que prévu, sans recevoir aucune aide du connétable Charles Ier d’Albret, qui pourtant était à Rouen avec une partie de l’armée. Elle ne tomba que le 22 septembre. Victorieux – mais à quel prix ! – Le jeune Henry V, qui n’avait que 28 ans, remonta alors en direction du nord à la tête de troupes très réduites, vers Calais, en laissant sur place, à Harfleur, une garnison fixe de plus de mille hommes. C’est sur ce trajet qu’il allait s’affronter aux Français, à Azincourt, non loin de la Somme, après de nombreuses tractations par députations interposées avec Charles VI, qui résidait à Rouen et n’en bougea pas.
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