Patrimoine Normand

Enguerrand de Marigny et la collégiale d’Écouis

Sous le règne de Philippe le Bel, Enguerrand de Marigny s’impose comme l’un des principaux hommes d’État du royaume. À Écouis, dont il fait un centre prospère, il fonde une collégiale remarquable, témoignage durable de sa puissance et de son ambition.

Enguerrand de Marigny (v.1260 - 1315) et la collégiale d’Écouis. (© Gérard Schorp – Montage Rodolphe Corbin)

Enguerrand de Marigny (v.1260 – 1315) et la collégiale d’Écouis. (© Gérard Schorp Montage Rodolphe Corbin)

Mis à jour le 26 avril 2026 à 21:01 Par
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Sous le règne de Philippe IV le Bel (1285-1314) une personnalité va jouer un rôle politique de premier plan : Enguerrand le Portier de Marigny, né à Lyons-la-Forêt en 1265. Talent, capacités remarquables, solidarité familiale sont les clés de sa carrière ; il faut rappeler que Nicolas de Freauville, Dominicain et confesseur du roi est son cousin. Il débute comme jeune écuyer chez le chambellan Hugues de Bouville, puis il passe rapidement au service de la reine Jeanne de Navarre comme conseiller. Il sera son exécuteur testamentaire et épousera une filleule de la reine. Sur sa recommandation, il entre au service du roi comme conseiller avec le titre de chambellan.

En 1304, il est fait chevalier, puis comte de Longueville. À la fin du règne, ses attributions en font de fait un premier ministre tout puissant : coadjuteur et recteur du royaume ayant en charge la diplomatie, les finances et les bâtiments du roi. Si les rémunérations en tant que chambellan étaient faibles, le roi était très généreux en dons de terres et de fiefs. En dix ans, par une politique habile d’achats, de ventes, de spéculations et d’échanges Marigny était maître de la moitié du pays de Caux et un tiers du Vexin. Considérables, ses revenus s’élevaient à 15 000 livres venant de ses fiefs, de la foire d’Écouis, de ses prêts… au roi d’Angleterre.

Collégiale d’Écouis, ensemble vu du sud, 1310-1313. (© Gérard Schorp)

Collégiale d’Écouis, ensemble vu du sud, 1310-1313. (© Gérard Schorp)

Il n’oubliera pas sa famille et ses deux frères lui doivent leur carrière dans l’église. Philippe sera archevêque de Sens et Jean évêque de Beauvais ; quant à Nicolas de Freauville lors de la mort du pape Clément V en 1314, le roi et Marigny exercent des pressions sur le conclave pour le faire élire pape, mais la mort du roi fit échouer la manœuvre. Marigny était intervenu dans les grands problèmes du règne : conflit avec la papauté et installation de la papauté en France sous Clément V (1305-1314), condamnation des Templiers, crise économique et financière (altération des monnaies confiscation des biens des Juifs et des lombards.

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