Le Bec-Hellouin des Mauristes
Une renaissance en plein Grand Siècle
Avec sa longue histoire, sa communauté d’une quinzaine de moines toujours active et la pureté de son architecture classique, l’abbaye Notre-Dame du Bec-Hellouin constitue l’un des fleurons des monastères normands. Nous en avons poussé les portes pour vous.
Abbaye du Bec-Hellouin. La tour Saint-Nicolas, bâtie lors d’une brève période de répit à la fin du XVe siècle, permet de repérer l’abbaye de loin. (© Stéphane William Gondoin)
Comme tant d’autres établissements normands prestigieux, le monastère du Bec semble, aux XIe et XIIe siècles, promis à une prospérité éternelle. Frappé de plein fouet par l’érosion de la rente foncière au XIVe siècle, puis par la terrible guerre de Cent Ans, qui l’oblige à engloutir des sommes abyssales dans d’impressionnantes fortifications, il entame cependant un inexorable déclin.
Une abbaye à réformer
Après un bref sursaut à la fin du XVe siècle, le Bec passe en 1520 sous le régime de la Commende, ce qui accélère le relâchement de la discipline ecclésiastique. Systématisé par François Ier, ce procédé permet en effet au roi de placer à la tête d’un monastère des hommes de cour, parfois même des laïcs, qui n’ont pas l’obligation de résider sur place, et pour qui cette nomination n’est souvent qu’un titre de plus à collectionner. L’abbé commendataire prélève l’essentiel des revenus ; laissées pour compte, les abbayes voient peu à peu leur situation se dégrader. Les guerres de Religion aggravent encore la situation et le Bec subit un pillage en règle en 1563. Lorsque les Mauristes arrivent sur place, en 1626, les heures de gloire vécues sous l’égide de Lanfranc ou d’Anselme ne sont plus qu’un lointain souvenir : les bâtiments médiévaux sont pour la plupart en ruines et la communauté ne compte plus que quelques moines, par ailleurs peu soucieux des obligations de la règle bénédictine.
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