Bombardements, Débarquement et bataille de Normandie vus par la France occupée
Au second semestre de l’année 1943, l’ouverture d’un second front à l’ouest de l’Europe apparaît comme inéluctable et les seules incertitudes concernent la date et le lieu. La majorité de la population normande est lasse de cette guerre qui semble sans fin et espère qu’elle s’achèvera bientôt par la libération du pays. Certains continuent en revanche à espérer la victoire finale de l’Allemagne et mettent tout en œuvre pour qu’elle y parvienne. Il faut dire qu’ils ont beaucoup à perdre…
Bombardements, Débarquement et bataille de Normandie. Information et désinformation dans la France occupée1. (© Patrimoine Normand)
Lorsqu’il survient, le 6 juin 1944, le Débarquement n’est une surprise pour personne. Dès la fin de l’année 1941 et l’entrée en guerre des États-Unis, les nazis estimaient probable de se trouver un jour ou l’autre confrontés à une attaque à l’ouest de l’Europe. C’est la raison pour laquelle ils confièrent à l’organisation Todt le soin de lancer la construction du Mur de l’Atlantique.
En sécurité dans la « forteresse Europe »
Au cours de l’année 1943, la menace se précise. Les unes des grands quotidiens parisiens, comme celle du Matin, restent accaparées par les combats sur le front de l’Est, où chaque jour on démontre que « les bolcheviks subissent de lourdes pertes » (11 mai, 5 juin), on dénonce les « pirates anglo-américains [qui] s’en prennent surtout aux enfants » (15 mai), on lance de sinistres imprécations sur « la question juive, véritable cancer en voie de généralisation » (22 mai). Mais à côté de ces propos qui prêtent souvent à vomir, le lecteur attentif sent doucement poindre la question de l’ouverture d’un nouveau front à l’Ouest et toutes les craintes et interrogations qu’elle suscite.
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