Un nouveau dinosaure normand
le « dragon des Calètes »
Un trésor paléontologique exceptionnel a été découvert sur la côte d’Albâtre : les ossements d’un dinosaure carnivore, Caletodraco cottardi, le « dragon des Calètes. » Mis au jour par le chercheur amateur Nicolas Cottard, ce spécimen est le premier représentant européen d’un groupe connu jusqu’ici en Amérique du Sud. Cette découverte révèle la diversité insoupçonnée de la faune du Crétacé supérieur et souligne l’importance cruciale des amateurs dans la préservation de notre patrimoine scientifique, en particulier face aux risques d’érosion qui menacent les falaises normandes.
Reconstitution de Caletodraco cottardi, le dinosaure découvert dans les falaises de craie de Saint-Jouin-Bruneval. (© Ingrid Buffetaut)
Les hautes falaises de la côte du pays de Caux à Saint-Jouin- Bruneval, au sud-ouest du cap d’Antifer, n’ont pas seulement été une source d’inspiration pour certains peintres, comme le postimpressionniste Gustave Loiseau. Elles sont aussi un site géologique et paléontologique de première importance. La craie qui les compose s’est déposée au début du Crétacé supérieur, durant l’étage Cénomanien qui a débuté il y a environ 100 millions d’années. Pendant quelque six millions d’années, au fond d’une mer profonde de quelques centaines de mètres, se sont accumulées lentement les coquilles calcaires d’organismes microscopiques qui ont donné naissance à ces couches crayeuses blanchâtres entrecoupées de bancs de silex noirs formant les falaises. Les chercheurs Bernard Hoyez, Jérôme Girard et Nicolas Cottard ont pu étudier en détail les épisodes successifs de cette histoire géologique en « lisant » la succession des couches visibles à Saint-Jouin-Bruneval. Outre les roches elles-mêmes, les fossiles qu’elles contiennent sont aussi des jalons de cette histoire. Il s’agit pour l’essentiel de restes d’animaux marins, qui vivaient dans la mer dans laquelle se déposait la craie ou sur son fond : ammonites, oursins, étoiles de mer, crabes, requins… Dans ces sédiments marins, les fossiles d’animaux terrestres sont rarissimes.
Une découverte exceptionnelle
Pourtant, grâce à la sagacité de Nicolas Cottard, les falaises de Saint-Jouin-Bruneval ont livré les restes inattendus d’un grand dinosaure carnivore qui vécut bien loin du pays de Caux, mais dont le cadavre finit par être enseveli dans la boue calcaire, laquelle en se solidifiant forma les couches de craie. Comme on le sait, ces falaises, sapées par l’érosion, sont le théâtre de fréquents éboulements. C’est en 2021, lors d’une de ses prospections sur le terrain, que Nicolas Cottard remarqua la présence d’ossements dans un bloc de roche tombé de la falaise.
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