Normandie, terre de dinosaures
Le monde scientifique ne parlait pas encore de dinosaures que déjà des os et des dents de grands reptiles fossiles intriguaient plusieurs savants anglais et français, au premier rang desquels Cuvier et les premiers géologues normands. Terre riche en vestiges du Jurassique, la Normandie offre un terrain d’étude privilégié : le professeur Rioult nous entraîne ici sur les traces des dinosaures normands et de ceux qui les ont découverts.
Représentation artistique de Streptospondylus altdorfensis (Meyer, 1832) devant les falaises des Vaches-Noires, à Villers-sur-Mer. (© Evariste Monvoisin)
Aux origines : Cuvier et Buckland
Avant d’acquérir sa réputation de fondateur de l’anatomie comparée et de la paléontologie, Georges Cuvier (1769-1832) forgea une solide expérience naturaliste au cours d’un long séjour en Normandie (1788-1795). Précepteur dans la famille de Héricy, entre Fiquainville (Seine-Maritime) et Caen (Calvados), il parcourut la région avec une curiosité inlassable pour la faune et la flore locales, au profit d’un élève peu porté sur l’étude. Ce n’est toutefois qu’à partir de 1808 — une fois installé au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, dans la chaire d’anatomie comparée et de paléontologie créée pour lui — que Cuvier se tourne véritablement vers la géologie. Aux côtés d’Alexandre Brongniart, il observe les carrières de l’Île-de-France, découvre la succession des faunes au cours du temps et démontre l’extinction d’espèces entières. En comparant systématiquement fossiles et animaux actuels, il élabore une méthode nouvelle d’interprétation des restes fossiles et propose une classification zoologique mieux structurée.
C’est dans ce contexte qu’il examine des ossements découverts en Normandie — qui seront plus tard reconnus comme des restes de dinosaures — mais qu’il interprète encore, en 1825, comme appartenant à des crocodiles atypiques.
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