Raoul Dufy
Le casino Marie-Christine au Havre
Artiste majeur de la première moitié du XXe siècle, Raoul Dufy a vu le jour au Havre en 1877 et resta sa vie durant attaché à sa ville natale, au point de déclarer un jour à sa femme : « Et surtout, il ne faudra jamais oublier Le Havre. » Il tiendra parole : le musée d’Art moderne André-Malraux (MuMa), l’un des fleurons patrimoniaux de la Porte Océane, conserve parmi ses collections un fonds de près de cent-trente œuvres
Raoul Dufy, Le Casino Marie-Christine au Havre, 1910, huile sur toile, 65,5 x 81,5 cm. (Le Havre, musée d’Art moderne André-Malraux © Florian Kleinefenn)
Élève à l’école d’art du Havre dès 1892, Raoul Dufy y suit l’enseignement de Charles Lhullier († 1898) avant de partir étudier à Paris, dans l’atelier de Léon Bonnat, grâce à une bourse municipale. Il y retrouve son ami Othon Friesz (1879-1949), avec lequel il partage un petit appartement dans le quartier Montparnasse. Ses influences originelles sont diverses, Eugène Boudin et Claude Monet d’abord, Henri Matisse et Paul Cézanne ensuite, l’attirant tour à tour vers l’impressionnisme, le réalisme, le fauvisme, le « cézanno-cubisme ».
Il développe ensuite un style très personnel aux formes épurées, où prédomine dans l’entre-deux-guerres un bleu lumineux ponctué d’arabesques. C’est alors qu’il connaît vraiment le succès, même si certains Havrais doutent longtemps de la qualité de son travail. Le dramaturge normand Armand Salacrou rapporte ainsi cette anecdote survenue vers 1920, dans Les Idées de la nuit (Paris, Fayard, 1960) : « Au meilleur tailleur de la ville, ami de mon père, Raoul Dufy avait commandé un costume qu’il ne parvenait pas à payer. Pour s’excuser, Raoul Dufy avait fait porter chez le tailleur, en cadeau, une de ses toiles. “ Vous ne pouvez pas savoir quel barbouillis ! Je lui ai retourné son cadeau avec une lettre lui apprenant que j’accepterais peut-être de perdre le prix de ma culotte, mais que je n’accepterai jamais d’accrocher une telle horreur dans ma salle à manger !” » On imagine sans peine ledit tailleur, « critique d’art » autoproclamé, au bord de l’apoplexie quelques années plus tard en voyant s’envoler la cote de son ancien client désargenté…
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