PATRIMOINE NORMAND

Panique au monastère

La « fureur des hommes du Nord »

« Une attaque menée par des païens dévasta terriblement l’église de Dieu sur l’île de Lindisfarne et la soumit au pillage et au carnage. » Ces quelques mots consignés dans la Chronique anglo-saxonne pour l’année 793, marquent l’apparition violente des Vikings en Europe de l’Ouest. Ce n’est nullement par hasard s’ils prennent un monastère pour cible.

Henri-Georges Charrier (1859-1950), Les Normands revenant du pillage, 1880-1881. Ce tableau ouvre l’exposition. Huile sur toile, 139 × 228 cm, Caen, musée de Normandie, inv. 99.5.1. (© Photo musée de Normandie – Ville de Caen)

Les raids vikings visent également à s’emparer de captifs pour les revendre sur les marchés aux esclaves de Scandinavie. Le reliquaire, par Henri-George Charrier. (© Musée de Normandie – Caen)

Mis à jour le 12 novembre 2025 à 18:33 Par
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Dans la première moitié du XIIe siècle, le moine Siméon de Durham nous donne un récit plus circonstancié de ce coup de main passé à la postérité. Malgré son caractère tardif, son texte reflète bien ce à quoi ressemble un strandhögg mené par les Vikings, trois cents ans plus tôt. Il nous en expose par ailleurs clairement les buts : « Les païens des régions du Nord, écrit-il, arrivèrent en Grande-Bretagne sur leurs navires, tels des frelons piquants. Ils arrivèrent, comme nous l’avons dit précédemment, devant l’église de Lindisfarne et après de terribles ravages laissèrent tout dévasté. Ils foulèrent de leurs pieds impurs les saints lieux, renversèrent les autels et dérobèrent tous les trésors. Ils tuèrent certains des frères et en emmenèrent d’autres chargés de chaînes. Ils en chassèrent beaucoup complètement nus et seulement couverts d’insultes. Ils en noyèrent aussi quelques-uns dans la mer. »

S’enrichir sans risque

Il transparaît à la lecture de ces lignes que la finalité exclusive de l’expédition est l’enrichissement de ses participants. Les « pirates », comme les auteurs contemporains aiment aussi souvent à les appeler, recherchent d’abord les objets précieux et nous avons vu combien les monastères peuvent en receler.

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