PATRIMOINE NORMAND

Haro sur l’Alabama

La guerre de Sécession devant Cherbourg

Le 19 juin 1864, des milliers de spectateurs assistent depuis la côte à un combat opposant, à neuf milles environ au large de Cherbourg, la corvette nordiste Kearsarge au corsaire sudiste Alabama. L’engagement, qui se solde par la défaite et le naufrage du navire confédéré, révèle la nature profonde de la guerre de Sécession.

Henri DURAND-BRAGER, La bataille entre l'USS Kearsarge et le CSS Alabama, 1864, Union League Club of New York. Le peintre, qui s'est rendu à Cherbourg après le combat, a pris des croquis du Kearsarge. Il le représente au premier plan avec un grand souci d'exactitude.

Henri DURAND-BRAGER, La bataille entre l’USS Kearsarge et le CSS Alabama, 1864, Union League Club of New York. Le peintre, qui s’est rendu à Cherbourg après le combat, a pris des croquis du Kearsarge. Il le représente au premier plan avec un grand souci d’exactitude. (DR)

Mis à jour le 21 décembre 2025 à 19:29 Par
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L’Alabama s’était ancré à l’abri de la digue le 11 juin précédent, dans le but de faire effectuer des réparations dans l’arsenal. Il revenait d’une longue et tumultueuse croisière, qui l’avait mené de l’Atlantique jusqu’à l’extrémité sud de l’Indochine. Les exploits accomplis dans sa guerre au commerce de l’Union, l’avaient fait connaître en Amérique et en Europe. Il avait en effet détruit plus de cinquante navires, pour une valeur atteignant vingt fois son coût de construction.

Embarras diplomatique et affrontement

L’arrivée fort inattendue d’un corsaire de cette notoriété fit naître un profond embarras parmi les autorités françaises, car le gouvernement impérial avait, malgré sa déclaration de neutralité, appuyé en réalité le Sud, en dissimulant ses intentions aux yeux de l’Union. C’est à l’initiative de l’Empereur lui-même que le réseau confédéré avait signé avec des chantiers navals français des contrats de construction de six bâtiments (croiseurs ou cuirassés). Censés être livrés à des puissances neutres, ils devaient en fait rejoindre la flotte sudiste. Mais les espions du Nord veillaient, et l’affaire s’ébruita. Il devint de plus en plus délicat de faire aboutir le projet car, après la défaite de Gettysburg, en juillet 1863, le temps jouait clairement en défaveur de la Confédération. Le ministre des Affaires étrangères français, Drouyn de l’Huys, déployait tout son savoir-faire pour infléchir la position du pays et empêcher la livraison des bâtiments.

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