1942
La Normandie, déjà !
Décembre 1941 est l’un des mois les plus importants de la Seconde Guerre mondiale. Sur le front de l’Est, les Allemands sont stoppés à portée de canons de Moscou. Mais surtout, l’attaque sur la base américaine de Pearl Harbor et l’offensive tous azimuts lancée par les Japonais dans le Pacifique, déclenche immédiatement l’entrée en guerre des États-Unis, jusque là cantonnés dans une prudente neutralité. L’Oncle Sam va désormais engager toute sa puissance humaine et industrielle au service de la victoire. Très vite, les Alliés songent à reprendre l’offensive à l’Ouest.
Le raid de Dieppe. Le 19 août 1942, à 5h00, plus de 6 000 hommes de quatre nationalités différentes (environ 5 000 Canadiens, 1 100 Britanniques, une cinquantaine d’Américains et une quinzaine de Français) débarquent sur plusieurs secteurs de côte à Dieppe et dans les environs. Des chars amphibies participent également à l’assaut sur Dieppe même. C’est un échec total au bilan humain désastreux, avec plus de 50 % des effectifs tués, blessés ou faits prisonniers. (© coll. Association Jubilee de Dieppe)
C’est l’époque noire, l’âge sombre de la France du XXe siècle. Dans la foulée de l’invasion de mai 1940, l’armée allemande a pris ses quartiers dans l’Hexagone, à coups de réquisitions, de menaces, de spoliations. Elle administre depuis lors le nord du pays et toute sa côte ouest, de Dunkerque jusqu’à Bayonne. Située au cœur de ce vaste territoire occupé, la Normandie est soumise à un régime de fer, aggravé par sa situation géographique particulière, juste en face des côtes anglaises. Et le pire reste encore à venir : privations toujours accrues pour les populations civiles, construction du Mur de l’Atlantique, ordonnance sur le port de l’étoile jaune, déportations de masses, mise en place du STO (Service du Travail Obligatoire), bombardement croissant des agglomérations..
Collaborer…
Pour imposer leur volonté aux vaincus, les Allemands s’appuient très tôt sur l’assistance du gouvernement de Vichy, de son administration et de sa police. Cachés derrière la figure tutélaire et faussement bienveillante du maréchal Pétain, certains Français se jettent donc corps et âme dans la voie de la collaboration. C’est la France de la peur, de la calomnie, des arrestations arbitraires et des exécutions sommaires. Les plumes de Robert Brazillach, de Pierre Drieu la Rochelle, de Louis-Ferdinand Céline, abreuvent les colonnes de leurs journaux d’un torrent d’intolérance, d’imprécations contre les Juifs, les démocrates, les Anglais, les bolcheviques… Bientôt, ces mots auront leur « voix d’or », celle de Philippe Henriot, fustigeant pèle-mêle sur les ondes de Radio-Paris les Résistants, les Alliés, les gaullistes. Plus tard, le 10 mai 1944, il apostrophera le « juif Dac »1 en lui demandant ce que peut bien signifier pour lui la France.
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