1940
L’année terrible !
Mai 1940. Voilà huit mois que le Royaume-Uni et la France sont officiellement en conflit avec l’Allemagne d’Adolf Hitler. Une guerre étrange, sans grand affrontement direct entre les puissances belligérantes, que les Britanniques nomment volontiers the phoney war1 et les Français drôle de guerre. Le calme avant la tempête.
Erwin Rommel, commandant de la 7e division blindée, avec le major general VM Fortune, commandant de la 51st Highland Division, à Saint Valéry-en-Caux après la reddition. (© Bundesarchiv)
Pour les populations civiles résidant en Normandie, comme partout ailleurs en France, la guerre est depuis 1938 et l’épisode tchécoslovaque, une menace indéfinissable, diffuse, évanescente, qui plane tel un vautour au-dessus d’un bonheur précaire. L’organisation de la défense passive, la distribution de masques à gaz aux populations civiles, les rumeurs publiques ne laissent pas augurer un avenir serein.
La « drôle de guerre »
L’ouverture officielle des hostilités, au mois de septembre 1939, démultiplie les angoisses, les inquiétudes, alors que les traumatismes de la Grande Guerre sont toujours à vif. Cette « drôle de guerre » qui s’installe, selon l’expression de Roland Dorgelès, plonge cependant le pays dans une sorte de léthargie. Les colonnes des quotidiens normands, Journal de Normandie dans le Calvados, Le Journal de Rouen, Le Petit Havre et de tant d’autres, laissent la part belle aux tractations diplomatiques internationales, à la barbarie des nazis, à la duplicité des Soviétiques, auxquels on ne pardonne pas le pacte de non-agression d’août 1939. Bref, c’est « la guerre de l’homme contre la bête », avec une armée allemande « instrument du mal et du mensonge » et une « armée franco-britannique [qui] protège le bien et la vérité. » On veut croire aux rodomontades des politiques ou des membres de l’état-major, à l’instar de celle de Paul Reynaud, qui clame dès septembre 1939 : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts. » Et puis, n’y a-t-il pas cette formidable ligne Maginot, dressée à grands frais, réputée infranchissable et sensée protéger le pays ?
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