PATRIMOINE NORMAND

Églises à Elbeuf :

diffusion de la tuile vernissée sur les toits de Normandie

Les églises Saint-Jean et Saint-Étienne d’Elbeuf ont été récemment recouvertes de tuiles de couleur. Le paysage ainsi créé est inhabituel en Normandie, mais correspond à une tradition architecturale aujourd’hui oubliée.

Photo des tuiles vernissées et naturelles.

À propos des églises d’Elbeuf : la diffusion de la tuile vernissée sur les toits de Normandie orientale, à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne. Détail du décor tramé, restitué sur le chœur de l’église Saint-Étienne ; il associe tuiles vernissées et naturelles. (© Erik Follain)

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Pour qui s’intéresse aux matériaux de couverture utilisés en Normandie à la fin du Moyen Âge, l’étude publiée par Michel de Boüard en 1965 dans les Annales de Normandie constitue toujours une référence. Plus récemment, Philippe Lardin a fait un point sur les matériaux présents sur les toits de Normandie Orientale, en s’appuyant sur un travail effectué en 1903 par Charles de Beaurepaire. Ces études, basées essentiellement sur les sources écrites, montrent à quel point les réalités des Haute et Basse Normandies divergent : ce fait ne doit pas nous étonner si l’on prend en compte les différences géologiques de ces régions, souvent desservies par des circuits commerciaux séparés.

Les travaux qui viennent d’être mentionnés méritent aujourd’hui d’être complétés à la lueur d’opé­­rations archéologiques ré­centes, en particulier au château d’Arques-la-Bataille, où un grand nombre de tuiles vernissées ont été recueillies dans un niveau du XIVe siècle. Cette mise au jour intervient à la suite de découvertes semblables effectuées il y a quelques années aux manoirs du Mesnil-sous-Ju­mièges et d’Ecretteville-les-Baons, en Seine-Maritime. D’au­tres sites ont livré des témoignages semblables : en 1985 , un fragment de tuile vernissée verte a été trouvé dans les combles des chapelles nord de l’abbatiale de Saint-Ouen de Rouen. En 1992, enfin, une fouille réalisée au château d’Hautot-sur-mer, non loin d’Ar­ques, a livré des tuiles de couleur. Cette accumulation de découvertes nous conduit au­jourd’hui à nous interroger sur la diffusion réelle en Normandie orientale de ce type de couverture, que l’on associe plus volontiers à des régions comme la Bourgogne.

Photo de la couverture du choeur de l'église Saint-Étienne d'Elbeuf.

La couverture du chœur de l’église Saint-Étienne d’Elbeuf a été renouvelée au cours des années 1990. (© Erik Follain)

La tuile plate à crochet apparaît sur les toits de la région au début du XIIIe siècle ; elle voisine alors souvent avec des essentes (petites plaques de bois), dont la grande diffusion, en particulier au XIVe siècle, a été révélée par les recherches récentes. A la fin du Moyen Âge, la tuile s’impose comme le mode de couverture dominant, avant d’être supplantée progressivement par l’ardoise, qui règne aujourd’hui sur une grande partie des toits de la région.

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