Le Mont-Saint-Michel à travers les vues anciennes
À l’origine du Mont-Saint-Michel, la légende de la venue de l’Archange qui aurait enjoint Aubert, évêque d’Avranches en 708, de construire un sanctuaire sur le Mont-Tombe marque le début de l’histoire d’un site qui fascine encore sinon davantage de nos jours. Profitant d’un environnement exceptionnel avec cette baie aux caractéristiques naturelles uniques, le Mont est devenu l’un des sites incontournables de la Normandie. Aménagé depuis le Moyen Âge, le Mont possède une double image terrestre et spirituelle. Tombé en désuétude après la période médiévale, il renaît au XIXe siècle et devient un symbole du romantisme et de la restauration dont Viollet-le-Duc sera l’un des plus enthousiastes défenseurs. Notre parcours, au gré des photos et cartes anciennes, nous montre un Mont bien inhabituel que nous vous invitons à découvrir.
Carte postale ancienne montrant le côté nord-ouest du Mont. Vue prise vers 1900. (© Coll. Patrimoine Normand)
La baie, un écrin naturel
Le Mont est situé dans une baie qui couvre 400 kilomètres carrés approximativement et s’étend sur le fond du golfe normand-breton, dans l’angle formé par la Bretagne et le Cotentin. Cette baie se caractérise par des marées d’une amplitude exceptionnelle parmi les plus importantes au monde. Ainsi en période de marée basse, une large étendue de sables devient un vaste océan une fois la mer revenue et confère à cet endroit un contraste sans doute parmi les plus magiques de France.
Elle est véritablement un lieu de transition entre les milieux terrestre et maritime. Cette baie est encadrée par une morphologie côtière bien distincte de part et d’autre. A l’est, les puissantes falaises rocheuses du massif de Carolles s’élèvent à près de 70 mètres de haut et se prolongent vers le sud par un long cordon de dunes entre Saint-Jean-le-Thomas et le Bec d’Andaine. A l’ouest, dans la région de Cancale, la côte est plus découpée et présente un enchaînement de petites anses sableuses bordées de falaises relativement basses. La configuration actuelle de la baie est le résultat de la lente transformation d’un milieu continental en un milieu marin. Au cours du quaternaire, les changements climatiques ont entraîné des variations à la hausse et à la baisse du niveau marin. Ainsi le site actuel évoluait-il entièrement en milieu continental avec un niveau de la mer de plus de cent mètres sous son niveau actuel.
La statue qui coiffe le Mont depuis la fin du XIXe siècle. C’est une œuvre de Frémiet représentant l’archange. (© Coll. Patrimoine Normand)
Depuis les sept derniers millénaires, le rehaussement du niveau de la mer et le comblement de la baie lui ont donné son visage actuel. Puis à partir du Moyen Age, intervient la main de l’homme. Il s’inscrit essentiellement dans la transformation et la consolidation du cordon littoral avec la construction de digues et l’assèchement des marais environnants. Aux abords du Mont, des travaux de poldérisation ont lieu depuis le XVIIIe pour tenter de gagner sur la mer et pour également dompter le Couesnon qui marque la frontière naturelle entre la Normandie et la Bretagne. L’ensemble de ces différents travaux auront permis de gagner quelque 3 000 hectares sur la mer.
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