Patrimoine Normand

Château du Champ-de-Bataille­­­

Un château Grand Siècle

Noblesse, harmonie… Tout est réuni pour faire de ce lieu enchanteur, le château du Champ-de-Bataille, classé Monument historique, au cœur du département de l’Eure, un havre de beauté et de sérénité hors du temps. Un château qui demeure imprégné des fastes du Grand Siècle, ceux du Roi-Soleil.

Château du Champ-de-Bataille­­­. Le passage reliant les deux bâtiments.

Château du Champ-de-Bataille­­­. Le passage reliant les deux bâtiments. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)

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Ce château chargé d’histoire et de magie, tout en grâce face à un parc immense à la française et enserré tel un bijou dans un écrin de verdure de forêts profondes, avec ses taillis cachés et ses plans d’eau miroitants, entame une nouvelle vie par la volonté de son propriétaire Jacques Garcia, un décorateur passionné de renommée internationale. C’est ainsi que ce château a retrouvé sa magnificence d’antan, dans l’esprit du XVIIe siècle, grâce à une restauration intelligente et fidèle.

Une histoire sans bataille

Champ de Bataille ? Y a-t-il eu seulement l’ombre d’une bataille sur ce plateau du Neubourg où, depuis toujours, le vent semble souffler la paix ? Aucun récit digne de foi ne semble corroborer l’histoire d’une bataille. On cite toutefois un combat en 935 qui se serait déroulé en cet endroit où Guillaume Longue Épée sut imposer sa souveraineté de duc de Normandie contre un seigneur du Cotentin, le comte Riouf, qui la contestait. On parle aussi d’un duel de cape et d’épée, bien dans les mœurs de l’époque des d’Artagnan à la suite d’une fanfaronnade de valets. À moins que, tout simplement, le nom de Champ de Bataille, ne tirât son origine du propriétaire du terrain en question : Bataille.

Château du Champ-de-Bataille. Porte de la cour d’honneur.

Château du Champ-de-Bataille. Porte de la cour d’honneur. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)

Rien d’ailleurs dans l’allure de ce château ne rappelle une disposition guerrière. Il a été construit entre 1653 et 1665 pour le comte Alexandre de Créqui et il est fort probable que le célèbre architecte Louis le Vau, celui-là même qui édifia Vaux-le-Vicomte et qui conçut les lignes épurées du château de Versailles commandé par le roi Louis XIV en 1668, en dessina les plans. D’une élégance rare et d’un équilibre admirable, ce château disposé en quadrilatère tout en briques roses et en pierres blanches, est bien plus fait pour le plaisir des sens que pour la bataille. Pourtant, le comte Alexandre de Créqui était un sacré bagarreur. Ne fut-il pas un des plus virulents meneurs de la « Fronde », combattant contre les troupes royales à la tête de gentilhommes normands ? On lui reprocha même d’avoir conspiré contre le roi avec le chevalier de Rohan. Ce qui ne fut d’ail-leurs jamais prouvé. Mais il lui fut beaucoup pardonné grâce à l’entremise du prince de Condé avec qui il était lié d’amitié. Le sieur de Créqui a finalement vécu en paix dans sa magnifique demeure où il s’éteignit le 5 août 1702. Mais puisque la cour du roi de France lui avait été interdite à vie, il avait voulu faire de son château un autre petit Versailles, un lieu où de belles marquises et de nobles chevaliers se pâmaient d’émerveillement devant tant de beauté et d’harmonie.

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