L’abbaye cistercienne de Notre-Dame de Bonport
Entre légende royale, ferveur monastique et splendeur médiévale, l’abbaye de Notre-Dame de Bonport demeure l’un des grands témoins de l’histoire cistercienne en Normandie. Fondée selon la tradition par Richard Cœur de Lion après un vœu formulé sur les rives de la Seine, cette abbaye prospéra durant plusieurs siècles grâce à la puissance de l’ordre de Cîteaux et aux nombreuses donations ducales et royales. Malgré les ravages de la guerre de Cent Ans, les dérives du système de la commende puis les destructions révolutionnaires, Bonport conserve encore aujourd’hui de remarquables bâtiments conventuels qui évoquent la vie quotidienne des moines et la grandeur de la Normandie médiévale.
Abbaye de Bonport à Pont-de-l’Arche. Cette vue offre une perspective sur les vestiges de piliers du chœur de l’église, les façades ouest et nord de l’ancien cloître formées du dortoir, du chauffoir et du pignon sud du réfectoire. (© Jean-Sébastien Vanot)
La légende
En juillet 1189, Richard Cœur de Lion est solennellement reconnu duc de Normandie. C’est l’occasion de grandes réjouissances données à la cour et au peuple de Rouen que nous donne à imaginer un historien du XVIIe siècle :
« Ce ne furent que bals, festins et tournois ; la chasse fut le dernier divertissement de la cour… Richard seul courant un cerf fut emporté soit par la vigueur de son cheval altéré, soit par quelque autre accident, si avant dans la Seine, que ce roy courut au hasard de sa vie. Ce cœur de lion, emporté au milieu du cours rapide de cette grosse rivière, ne perdit point le jugement ; mais considérant le péril où il estoit, fit vœu à Dieu de faire bâtir une abbaye au lieu où son cheval prendroit pied sur terre ferme : ce lieu fut depuis appelé Bonport, à cause de l’heureux abord du roy Richard. Le duc roy fit bastir l’abbaye de Notre-Dame de Bonport et y établit des moines de Notre-Dame du Val de l’ordre de Cîteaux, au lieu même où son cheval avait touché terre. »
Les bases des piliers de l’église détruite durant la Révolution sont encore visibles et forment un étrange théâtre. (© Jean-Sébastien Vanot)
Ainsi, d’après la légende, devons-nous à la fougue d’un roi d’angleterre et tout nouveau duc de Normandie, l’établissement sur les rives de la Seine de ce qui fut une des plus belles et prospères abbayes que notre région abrita.
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