Maupassant et « son » Horla
Voyage aux confins de la folie et du surnaturel
Le 17 février 1885 paraît à la une du quotidien Gil Blas une curieuse Lettre d’un fou, signée par un certain Maufrigneuse. Dans ce courrier fictif adressé à un médecin, un homme raconte comment sa vie, bien ordinaire et confortable à l’origine, a basculé dans l’horreur. Plongée inquiétante dans le monde de l’inconnu ou exploration des recoins les plus torturés de l’esprit humain ?
Page de garde de l’édition du recueil Le Horla en 1903. Illustrations de Julian-Damazy. (DR)
Voilà des mois que « l’auteur » de cette lettre soupçonne l’existence d’êtres invisibles, imperceptibles au commun des mortels avec ses cinq misérables sens. Mais il le sait, lui, qu’ils sont là, ceux qu’il nomme les « passants surnaturels ». Alors il les guette, tente de les surprendre, épie chaque craquement du plancher. Jusqu’à ce jour où… Oh par tous les dieux, quel effroi lorsqu’il constate que son propre reflet a disparu du miroir de sa chambre. Il en déduit que quelqu’un, ou plutôt quelque chose d’éminemment malsain, se tient entre lui et la glace, brouillant ainsi son image. Sa raison vacille : « Mon cher docteur […] vous apprécierez s’il ne vaudrait pas mieux qu’on prit soin de moi dans une maison de santé plutôt que de me laisser en proie aux hallucinations et aux souffrances qui me harcèlent. » Le nom de Horla n’est nulle part évoqué dans ce texte.
Le premier Horl
Maufrigneuse est en fait le pseudonyme le plus utilisé par Guy de Maupassant pour signer ses histoires à paraître dans le quotidien Gil Blas. Le 26 octobre 1886, toujours dans Gil Blas, mais cette fois sous son véritable nom, il publie une version plus développée de ce conte. La scène se déroule maintenant dans l’asile du docteur Marrande, « le plus éminent des aliénistes », qui invite des confrères à examiner un patient captivant. Le visage émacié, l’homme se présente, explique qu’il vivait auparavant dans une belle maison avec vue imprenable sur la Seine, adossée à la forêt de Roumare, aux portes de Rouen.
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