PATRIMOINE NORMAND

Le crépuscule du monachisme normand

Du XVe siècle à la Révolution

Pour tous les monastères de France et de Navarre, la Renaissance marque paradoxalement le début d’un lent et inexorable déclin, tout juste enrayé temporairement par l’arrivée dans certains établissements de moines de la congrégation de Saint Maur, au XVIIe siècle. À la veille de la Révolution, les abbayes normandes, pour la plupart quasiment désertes, ne sont plus que des coquilles vides, des ombres mélancoliques et un peu pathétiques de leur grandeur passée.

La priorité pour les monastères, au lendemain de la guerre de Cent Ans, est la remise en fonctionnement de leurs domaines agricoles, pour assurer les rentrées financières. Période des semences et des récoltes, quadrilobes du portail de la cour des Libraires. Cathédrale de Rouen. (© Stéphane William Gondoin)

La priorité pour les monastères, au lendemain de la guerre de Cent Ans, est la remise en fonctionnement de leurs domaines agricoles, pour assurer les rentrées financières. Période des semences et des récoltes, quadrilobes du portail de la cour des Libraires. Cathédrale de Rouen. (© Stéphane William Gondoin)

Mis à jour le 12 novembre 2025 à 18:34 Par
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Au lendemain de la guerre de Cent Ans, la France est un royaume exsangue. Pas une ville, pas un village, pas un monastère, pas une ferme même, n’a été épargné par les ravages des armées en campagne, les grandes compagnies ou les écorcheurs, les famines à répétition et les épidémies récurrentes. Selon George Minois, la population nationale, qui comptait environ 17 millions d’âmes vers 1330, s’est effondrée à 10 millions vers 1453, lorsque cessent les hostilités, après la victoire française de Castillon et la prise de Bordeaux.

Entre toutes les provinces, la Normandie figure au rang des plus touchées. Dans un long inventaire des régions dévastées, l’évêque de Lisieux Thomas Basin constate effaré : « Nous-même nous avons vu les vastes plaines de la Champagne, de la Beauce, […] du Perche, du Vexin tant français que normand, du pays de Caux, depuis la Seine jusque vers Amiens et Abbeville, […] absolument désertes, incultes, abandonnées, vides d’habitants, couvertes de broussailles et de ronces » (trad. Ch. Samaran). Selon ce témoin de première main, d’autres secteurs de Normandie semblent davantage épargnés, ce qui n’exclut nullement des dégâts considérables : « En Bessin et Cotentin, la basse Normandie, […] moins facilement et moins souvent exposée aux incursions des pillards, resta un peu mieux cultivée et peuplée, bien que souvent accablée de grandes misères » (trad. Ch. Samaran).

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