PATRIMOINE NORMAND

Sercq

« Mon village est une île »

À un battement d’ailes des rivages du Cotentin, il est un monde à part perdu au milieu des eaux cristallines de la Manche. Juste une poignée d’arpents de terres arables, juchés au sommet de falaises vertigineuses. Depuis des millénaires, les hommes se sont installés sur ce rocher d’apparence inhospitalière, difficilement accessible, protégé par de puissants courants marins et battu par les vents du grand large. Ils y ont fondé un microcosme de civilisation, dont les descendants actuels s’emploient à défendre l’héritage. Bienvenue sur l’île Anglo-Normande de Sercq.

L'île de Sercq. La Coupée, l'isthme reliant Grande à Petite Sercq  (© Stéphane William Gondoin)

L’île de Sercq. La Coupée, l’isthme reliant Grande à Petite Sercq  (© Stéphane William Gondoin)

Mis à jour le 18 décembre 2025 à 15:46 Par
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Les Britanniques l’appellent Sark, mais son nom français, enfin plus exactement son nom normand, c’est Sercq. Si, l’espace d’une journée ou deux, vous souhaitez échapper au brouhaha et à l’agitation un peu artificielle de notre siècle, cet endroit étonnant est fait pour vous. Ici, les visiteurs ne se déplacent qu’à pied, à vélo ou… en calèche ! En d’autres termes, pas de camions ni d’automobiles. Dans la gamme des engins à moteurs, seuls sont tolérés quelques tracteurs, que les habitants du cru utilisent pour exploiter leurs champs ou pour transporter leurs marchandises. Les gamins du coin galopent sans danger au milieu des chemins, pendant que les touristes flânent le nez en l’air. Pas de stress, quand le temps prend son temps !

La découverte

Pour gagner ce coin de paradis, la meilleure solution consiste à emprunter l’un des vaillants petits ferries de la Isle of Sark shipping Company, depuis l’île voisine de Guernesey. Il existe certes une liaison printanière et estivale au départ de Carteret, dans le Cotentin, mais le service est moins fréquent. Une heure de traversée environ, entre le moment où nous larguons les amarres et celui où nous accosterons à Maseline Harbour. Je prends place à l’air libre sur le pont arrière, afin de profiter pleinement de la vue sur Guernesey, inondée par la lumière du petit matin. Le navire franchit les mâchoires du port de Saint-Pierre sous le contrôle de l’austère Castle Cornet et doucement la côte s’éloigne. Je fouille le littoral à la jumelle, à la recherche de la silhouette d’Hauteville House. Dans les îles, « ce coin de terre normande où vit le vaillant petit peuple de la mer », partout Victor Hugo nous accompagne.

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