PATRIMOINE NORMAND

Deauville entre deux mondes : les années 1960

Le 8 décembre 1959, Marcel Boussac, membre depuis 1933 de la Société d’Encouragement1, en devient le président ; il est le premier roturier de son histoire élevé à cette fonction ! Il régnera sur le monde des courses et sur l’hippodrome de la Touques jusqu’en 1974.

Timbre du centenaire de Deauville (1861-1961). (© Gilbert Hamel)

Timbre du centenaire de Deauville (1861-1961). (© Gilbert Hamel)

Mis à jour le 18 décembre 2025 à 15:48 Par
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Première fortune de France et homme de cheval

D’origine berrichonne, Marcel Boussac est devenu un vrai Deauvillais. Quand arrive juillet, il quitte chaque vendredi l’aéroport de Toussus-le-Noble pour celui de Saint-Gatien2 à bord de son avion privé. Le protocole est bien rodé : avant l’atterrissage, il survole la côte pour y apercevoir, entre le boulevard Cornuché et les lais de mer, sa villa Clover Cottage3 au parc abondamment fleuri, que prolonge un bungalow qui lui donne un exceptionnel accès direct à la plage, un privilège que le maire a accordé au capitaine d’industrie. Propriétaire de L’Aurore, époux de la cantatrice belge Fanny Heldy, il a aussi acheté en 1955 la villa Tanit pour y loger ses collaborateurs. Deux voitures les attendent à la descente des appareils. Tous dînent rituellement vers 22 heures à Honfleur à la ferme Saint-Siméon, ou bien au restaurant Jarasse de Deauville, spécialisé dans les produits de la mer, ce qui se traduit toujours par des moules marinières, un homard Thermidor et des fraises des bois. Les courses du mois d’août et les ventes de chevaux constituent les temps forts de son séjour estival, sans qu’il néglige ses affaires un seul instant.

Poussé par ses devises « faire ce que les autres ne font pas » et « se trouver au bon endroit au bon moment », Marcel Boussac a bâti sa fortune au cours de la Grande Guerre, en transformant en vêtements la toile d’avion invendue. Après la Seconde Guerre mondiale, il possède la première fortune de France et lance la carrière d’un débutant de la haute couture : Christian Dior. Passionné depuis toujours par les hippodromes, il est aussi le premier éleveur de chevaux de courses au monde. En quête du Pur-Sang idéal, il possède en Normandie le haras de Fresnay-le-Buffard, où naissent de nombreux « chefs de race »… et des filatures à Bolbec et à Caudebec.

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