PATRIMOINE NORMAND

Le Bec-Hellouin

Au milieu coulait une rivière…

L’histoire du Bec-Hellouin est indissociable de celle de son abbaye, fondée il y a presque mille ans de cela par un chevalier soudainement touché par la grâce. La commune appartient aujourd’hui à la famille restreinte des Plus beaux villages de France et a dignement représenté la Normandie, avec Barfleur, dans la première édition de l’émission de France 2 Le village préféré des Français.

Le Bec-Hellouin - Maisons à colombages dans le village. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le Bec-Hellouin – Maisons à colombages dans le village. Le village se déguste bien sûr à pied, afin de pleinement savourer les multiples maisons à pans de bois peints. On en trouve notamment sur la place Guillaume-le-Conquérant et la place de l’Abbé-Herluin, en face de l’entrée de l’abbaye. Au printemps et à l’été, tout y est agréablement fleuri. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 19 janvier 2026 à 14:15 Par
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L’impression qui saisit le voyageur découvrant pour la première fois le site du Bec-Hellouin, c’est de marcher dans un vers d’Arthur Rimbaud, au beau milieu de ce « trou de verdure où chante une rivière » immortalisé dans Le dormeur du val. Là, coincé entre deux collines vêtues d’un dense manteau forestier, le ruisseau du Bec serpente depuis la fontaine Gambard jusqu’à la Risle. C’est à cette source de vie que le Bec-Hellouin doit sa naissance, une partie de son nom et sa prospérité. De paisibles vaches à robe caille, blonde et bringée, nos superbes normandes, savourent dans les pâturages une herbe vert émeraude, gorgée d’eau, généreuse à souhait. Tous les dieux de la pluie et de l’abondance des anciennes mythologies, Taranis gaulois, Jupiter romain et Thor viking, semblent avoir uni leurs efforts pour arroser, fertiliser, enrichir ce pays de cocagne.

Herluin le mystique

Tout commence au XIe siècle. Herluinus (parfois aussi Herlewuinus ou Hirluinus) est l’un des chevaliers de l’entourage du comte Gilbert de Brionne, puissant personnage membre de la famille ducale. Selon Gilbert Crespin († 1117), son biographe, Herluin descend directement de ces Danois venus un siècle plus tôt s’installer en Normandie. Son père se nommait Ansgot et sa mère Héloïse. Elle nous est présentée comme appartenant à la famille des comtes de Flandre. Jusqu’à l’âge de 37 ans, Herluin mène l’existence d’un guerrier de son temps, toujours à courir la campagne l’épée en main.

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