Harfleur en guerre !
L’estuaire à l’heure « angloise »
À la fin du Moyen Âge, Harfleur est le grand port de la baie de Seine. Qualifiée de « principale clef sur mer de toute la duchié de Normendie » par le chroniqueur Monstrelet, la cité cauchoise joue un rôle capital durant la guerre de Cent Ans et fait l’objet de toutes les convoitises.
Harlfeur. Dans ce secteur se situait autrefois le port de commerce. (© Stéphane William Gondoin)
Les origines d’Harfleur se perdent dans la nuit des temps. Les nombreuses découvertes archéologiques effectuées sur le territoire de la commune depuis près de deux siècles, ont révélé des traces d’occupation humaine remontant à la Préhistoire. Les Calètes, peuple celte implanté dans le pays de Caux, avaient ici un village et un cimetière. Une agglomération romaine prit sa suite. Il est tentant de la rapprocher de l’antique Caracotinum, mentionnée à la charnière des IIIe et IVe siècles de notre ère dans l’Itinéraire Antonin. Les Francs ne furent pas en reste : la riche tombe d’un dignitaire de l’époque mérovingienne a été exhumée au XIXe siècle. Le fait que l’église soit dédiée à saint Martin, laisse par ailleurs entrevoir une fondation très ancienne de la paroisse (vers le VIIe siècle). À l’origine de ce succès, une position idéale au bord d’un affluent navigable de l’estuaire de la Seine : la Lézarde.
Port de commerce
Après des siècles passés dans l’obscurité, « Harofloz » apparaît au grand jour en 1006, dans un acte du duc de Normandie Richard II en faveur de l’abbaye renaissante de Fécamp. En 1035, c’est au tour du « port avec le tonlieu1 et les amarrages des navires, avec la haute justice2 et les droits de navigation » de sortir de l’ombre. Au gré des chartes et des actes divers, se dessine du XIe au XIIIe siècle le portrait d’un gros village, semé de maisons d’hôtes et de moulins bâtis à l’ombre du clocher de Saint-Martin. Coincé entre les marécages au nord, les pentes du mont Cabert à l’ouest et celles de la côte des Buquets à l’est, le bourg s’épanouit au milieu d’un paysage de salines et de prairies humides. Résolument tourné vers les eaux de la Manche et de la Seine, son cœur bat sans doute au rythme des navires montant et descendant la Lézarde.
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