Le Havre 1517 !
Naissance d’une ville à la Renaissance
Le 7 février 1517, le roi François Ier adresse à son « aimé et fidèle cousin conseiller chambellan et chevalier de notre ordre le seigneur de Bonnyvet amiral de France »1, une commission lui conférant tous pouvoirs afin d’aménager un « havre et fortification au lieu de Grasse ». Cet acte fondateur marque le début de la grande aventure du port et de la ville du Havre.
500 ans de la fondation du Havre. (© Stéphane William Gondoin)
La décision du souverain à la salamandre ne vient pas de nulle part : elle constitue l’aboutissement logique d’un long processus de réflexion, engendré par le déclin progressif d’Harfleur2. Héritière de l’antique Caracotinum, attestée sous la forme Herolfluet dès 1035, cette petite ville joue longtemps le rôle d’avant-port de Rouen. En d’autres termes, les navires trop lourds pour remonter la Seine y transbordent leur cargaison sur des embarcations plus légères. Autour de l’an mil, elle est sans doute implantée à proximité de la confluence entre la rivière la Lézarde et l’estuaire de la Seine. Vers la fin du XIIIe siècle cependant, la mer semble avoir reculé et une vaste plaine s’est formée devant le port. Dès lors, la Lézarde ne coule plus directement dans la Manche : elle traverse au préalable des marécages en empruntant un réseau de criques et de chenaux.
Cette évolution, alliée à l’augmentation progressive du tonnage des bateaux, oblige à chercher d’autres solutions et favorise le développement de Leure, située plus en aval, là où se rejoignent désormais la Seine et la Lézarde : ce bourg, déjà rendu prospère au XIIe siècle par l’exploitation de salines, dispose d’une vaste fosse en eaux profondes aisément accessible depuis la mer. Leure possède donc les atouts nécessaires pour devenir un avant-port prospère d’Harfleur, voire même un concurrent. Rappelons aussi qu’il existe un autre avant-port, au Chef-de-Caux (l’actuelle Sainte-Adresse) cette fois, plus à l’ouest encore, sous le cap de la Hève.
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