PATRIMOINE NORMAND

Sainte-Adresse

« Parmi l’écume inconnue et les cieux ! »

C’est un endroit magique, accroché au sommet des falaises du cap de la Hève. On l’appelle communément dans la région le « Balcon de l’Estuaire » et l’on y profite de l’un des plus extraordinaires panoramas de toute la Normandie. Par temps clair, le regard embrasse les côtes du Calvados, depuis Ouistreham jusqu’à Honfleur, de « l’autre côté de l’eau » comme on aime à le dire au nord de la Seine. Vers l’est, à nos pieds, la Porte-Océane et ses îlots d’immeubles rectilignes, dominés par la silhouette altière de l’église Saint-Joseph. Et puis…

Sainte-Adresse. L'estacade, très appréciée des peintres impressionnistes, au coucher du soleil. (© Stéphane William Gondoin)

Sainte-Adresse. L’estacade, très appréciée des peintres impressionnistes, au coucher du soleil. (© Stéphane William Gondoin)

Mis à jour le 21 décembre 2025 à 19:30 Par
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… Et puis, il y a cette noria incessante de navires, glissant en contrebas à la surface des eaux, par tous les temps, de jour comme de nuit. Paquebots, cargos, pétroliers, chimiquiers s’emploient à nourrir le port du Havre, ce Gargantua du commerce international, toujours prêt à engloutir entre ses gigantesques mâchoires les denrées et passagers venus des cinq continents. Festin cosmopolite… Dans ce cadre grandiose, les éclairages capricieux de la baie de Seine multiplient les jeux d’ombres et de lumières : du haut de ce perchoir, on comprend à merveille ce que les peintres impressionnistes, éternels chasseurs de couleurs, recherchaient à la pointe de Caux. Jamais ici l’atmosphère ne devient suffocante : même aux cœur de l’été, une légère brise rafraîchit en permanence le corps, caresse le visage et aide à respirer à pleins poumons. Ce souffle de vent emporte avec lui des nuées de goélands argentés, acrobates désinvoltes et criards. Nous sommes là dans le royaume de ces oiseaux perpétuellement « … » ivres d’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! », comme l’écrivait si bien le poète Stéphane Mallarmé. Pour peu, on se prendrait volontiers pour l’un d’entre eux. La tête égarée dans les nuages, le cœur noyé dans les flots, les pieds solidement campés sur les falaises, un étrange sentiment de sérénité parcourt les veines. Là, sans doute, le charme absolu de cet endroit exceptionnel, où Manche et Seine ont choisi de convoler.

Dans les brumes du passé

Derrière la vitrine du présent, tous les lieux ont une histoire à raconter. Celle de Sainte-Adresse et du cap de la Hève nous entraîne en des temps immémoriaux, à l’époque où les hommes combattaient quotidiennement pour leur survie et s’employaient à domestiquer leur environnement. Les traces les plus anciennes d’une présence humaine relevées dans les parages, remontent en effet au Clactonien (environ 400 à 200 000 ans), avec deux gisements significatifs d’outils mis au jour, l’un sur la plage au niveau du palais des Régates et l’autre dans les parages du cap de la Hève.

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