Les Thibault
Un Nobel pour une saga
Le 11 novembre 1937, la prestigieuse Académie suédoise révèle le nom de l’heureux récipiendaire du prix Nobel de littérature annuel : la majorité des suffrages s’est portée sur Roger Martin du Gard, « pour la puissance artistique et l’authenticité avec lesquelles il a dépeint les conflits humains, ainsi que certains aspects fondamentaux de la vie contemporaine, dans son cycle romanesque Les Thibault ».
La saga Les Thibault emmène le lecteur de la Belle Époque à la Première Guerre mondiale. Retour des tranchées par Sem (Roger Goursat), dans Quelques croquis de guerre, 1915-1916. (© Paris musées – Musée Carnavalet – www.parismusees.paris.fr – Domaine public)
À l’annonce de cette nouvelle, malgré les nombreuses œuvres déjà publiées et le succès obtenu auprès du public, Roger Martin du Gard (1881-1958) reste pour beaucoup de Français une énigme. Dans les colonnes du Figaro (éd. du 12 novembre 1937), le critique André Rousseaux confie qu’il « a parmi les écrivains d’aujourd’hui quelque chose d’exceptionnel : il ne laisse connaître ni les traits de son visage ni les détails de sa vie aux lecteurs de ses livres. On n’a jamais vu, jusqu’à présent, sa photographie aux vitrines des libraires ; il n’a jamais donné une interview. Le nouveau lauréat du prix Nobel fuit obstinément toute publicité. »
Au château du Tertre
Tout juste sait-on qu’il « réside le plus souvent à la campagne. Une carte datée de Bellême (Orne) nous apporte la dédicace des livres qu’il nous fait envoyer. » C’est en effet dans le Perche que Roger Martin du Gard a élu domicile. En 1925, il a acheté à son beau-père le château du Tertre, sur l’ancienne commune de Sérigny1, belle bâtisse d’époque Louis XIII qu’il a aménagée à son goût.
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