Le Percheron
Dites cheval de trait, neuf fois sur dix, on vous répondra Percheron — et pas seulement en France, car ni les pentes japonaises, ni les boues américaines, ni les forêts européennes ne lui résistent. Le seigneur des campagnes normandes a conquis le monde entier.
Le Percheron. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Un arabe grossi par le sol et le climat.
Les origines de la race sont incertaines. Il semble que les premiers croisements importants aient eu lieu quelques décennies avant notre ère, lorsque les légions romaines en route vers l’Armorique traversèrent les marches méridionales de la Seconde Lyonnaise. En tout état de cause, si ces apports ont existé, ils ne purent suffire à créer les caractéristiques d’une race. Plus sérieuse est la piste arabe. Comme chacun le sait, Charles Martel vainc les Sarrasins en 732 à Poitiers. Butin de choix : la cavalerie arabe est dispersée entre les principales armées franques. La Normandie, la Perche et l’Orléanais voient ainsi leur cheptel équin enrichi d’étalons orientaux (1).
Cette tendance devait se confirmer au XIᵉ siècle : les nombreux pèlerinages en Terre sainte, la conquête de la Méditerranée par les fils de Tancrède de Hauteville, et surtout la Première Croisade, suscitèrent, parmi beaucoup d’innovations, l’arrivée en Europe de ces splendides montures légères et rapides, qui forçaient l’admiration de nos guerriers. Parmi eux, le duc de Normandie Robert Courteheuse, fils aîné de Guillaume le Bâtard, qui commandait l’armée des Français du Nord. Sous ses ordres, le comte Rotrou de Nogent enrichit de chevaux arabes ses écuries, bientôt imité par Roger de Bellême et Geoffroy de Mondoubleau, puis par les moines de Thiron, près de Nogent. Le ton était donné.
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