Patrimoine Normand

Chateau de Fontaine-la-Soret

Du Moyen Âge au classicisme

Depuis l’ère gallo-romaine, les hommes n’ont jamais cessé de sculpter à leur guise le site de Fontaine-la-Soret. Longtemps siège d’un important prieuré qui dépendait de l’abbaye du Bec-Hellouin, la paroisse est aujourd’hui plus connue pour la magnificence de ses jardins ; une évolution qui ne semble pas près de s’arrêter. Tout cela grâce à la route et au chemin de fer : preuve qu’il arrive parfois au « progrès » de servir le patrimoine et l’esthétique.

Château et parc de Fontaine-la-Soret.

Château et parc de Fontaine-la-Soret. Une succession de terrasses donne l’illusion d’une pente naturelle. (© Olinda Longuet)

Mis à jour le 19 avril 2026 à 20:17 Par
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Ce qui frappe d’emblée en arrivant dans cette commune qui compte moins de 400 habitants, c’est son étendue, la dispersion de son habitat. Pour trouver les jardins, il faut longuement suivre le jeu des panneaux indicateurs qui mènent au terme du voyage. Mais quand on parvient devant l’entrée du château, on est séduit par la vue qui s’offre au visiteur, comme si la propriété close de murs l’attendait de pied ferme depuis des temps immémoriaux.

L’axe Paris-Caen

Nous sommes au cœur du XVIIIe siècle. La Normandie est à la fois l’étable, le grenier et le potager d’une capitale dont les besoins alimentaires ne cessent de croître. Outre le poisson, la mer lui apporte ce qui constitue le sel de la vie : épices, étoffes, parfums, objets exotiques… Les ports qui se développent en permanence depuis le Moyen Âge acquièrent une importance considérable qui nécessite de nouvelles voies d’accès pour l’acheminement de ces diverses denrées.

Irène Chardon, propriétaire du domaine de Fontaine-la-Soret.

Madame Irène Chardon, comtesse de Boisgelin, propriétaire du domaine de Fontaine-la-Soret. (© Olinda Longuet)

Ainsi, dans les années 1760, Louis XV est-il conduit à charger Monsieur d’Augny, sénéchal de la maréchaussée, de remplacer les chemins existants devenus trop précaires par une route nouvelle entre Caen et Paris1 ; nouvelle par sa facture, sinon par son tracé qui empruntera pour une bonne part celui des antiques voies romaines dégradées. Ce sera un jour la RN13.

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Notes

  1. Ce choix démontre l’importance économique du port médiéval de Caen, jusqu’au XVIIIe siècle, cent ans avant le creusement du canal de Caen à la mer.
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