PATRIMOINE NORMAND

Abbaye de Jumièges

« La plus belle ruine de France »

En manquant de faire disparaître l’abbaye de Jumièges, la Révolution française et les destructions qui l’on suivie en ont fait, comme on l’affirme souvent, « la plus belle ruine de France ». C’est dans un vaste parc arboré, hérité du XIXe siècle, que se dressent ses tours culminant à près de cinquante mètres. Tel un phare, elles attirent les visiteurs depuis la forêt Brotonne, la Seine et les communes environnantes.

Le parc à l’anglaise, d’une quinzaine d’hectares avec ses arbres remarquables, ainsi que les terrasses mauristes, servent aujourd’hui d’écrin aux ruines de l’abbaye de Jumièges. (© Érik Follain)

Le parc à l’anglaise, d’une quinzaine d’hectares avec ses arbres remarquables, ainsi que les terrasses mauristes, servent aujourd’hui d’écrin aux ruines de l’abbaye de Jumièges. (© Érik Follain)

Mis à jour le 4 novembre 2025 à 13:40 Par
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Après la dispersion en 1790 de la dernière poignée de moines, l’abbaye devient bien national. La Constituante prévoit de garder une « maison » pour la retraite des religieux dans chaque département. D’abord candidate, Jumièges est écartée faute d’abriter un effectif suffisant d’occupants. De son côté, la commune fait, en pure perte, en 1792, une demande pour que l’abbatiale devienne église paroissiale.

De la carrière de pierre à la ruine romantique

Le monastère est donc vendu en 1795 et tombe entre les mains de son premier acquéreur, Pierre Lescuyer, gérant de biens. Le nouveau propriétaire s’empresse de démolir le cloître du XVIe siècle, le grand dortoir du XVIIIe siècle, et met les toitures en adjudication. Les démolitions reprennent de plus belle lorsqu’un marchand de bois de Canteleu, Jean-Baptiste Lefort, achète les deux églises. Triste personnage, qui ira jusqu’à faire exploser à la mine le chœur de l’abbatiale Notre-Dame et trois pans de sa tour-lanterne… Les matériaux partent alors pour la construction de maisons à Jumièges, ou d’immeubles à Rouen et à Duclair. Cette activité fort dommageable se poursuit jusqu’en 1824 et n’épargnera pas les plates-tombes ni les tombeaux des abbés.

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