La prestigieuse destinée de saint Marcouf
De l’évangélisation du Cotentin au sacre des rois de France
En septembre 1350, juste après son sacre en la cathédrale de Reims, le nouveau roi de France, Jean II le Bon, emprunte l’ancienne voie romaine menant vers Laon. Il s’arrête à mi-chemin entre les deux villes épiscopales, dans la paroisse de Corbeny (Aisne). Là se trouve un modeste prieuré dépendant de la prestigieuse abbaye Saint-Rémi de Reims. Il vient y vénérer les reliques d’un saint originaire du Cotentin, mort depuis 800 ans, et solliciter de sa part une grâce bien particulière.
Chœur de la cathédrale de Coutances, chapelle Saint-Marcouf. Verrière du XIIIe siècle racontant la vie du fondateur de l’abbaye de Nantus. Une fois saint Marcouf ordonné prêtre par saint Possesseur, il part évangéliser le Cotentin. (© Stéphane William Gondoin)
Saint Marcouf vit dans la première moitié du VIe siècle, au temps où les fils du roi Clovis (souvenez-vous, le vase de Soissons…) règnent sur une large partie de l’ancienne Gaule. On ne sait pas grand-chose avec certitude sur son existence : seuls nous renseignent deux récits hagiographiques tardifs, où le merveilleux et le réel s’entremêlent, sans qu’il soit toujours possible de distinguer ce qui relève de l’un ou de l’autre.
Si l’on en croit ces sources, Marcouf (Marculfus en latin) naît à Bayeux dans une riche famille. Orphelin jeune, il démontre tôt une grande piété et distribue dès qu’il en a l’âge sa fortune aux malheureux, avant de partir pour Coutances suivre l’enseignement de saint Possesseur, l’évêque local. Ce même Possesseur l’ordonne prêtre à l’âge de 30 ans et lui confie la mission d’évangéliser le Cotentin. À cette époque, le christianisme reste encore un phénomène essentiellement urbain, les populations rurales demeurant plutôt fidèles aux cultes antiques, mélange des paganismes celtique et gréco-romain.
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