PATRIMOINE NORMAND

Prosper Mérimée en Normandie

Quand Prosper Mérimée est nommé inspecteur des Monuments historiques, le 27 mai 1834, il voit s’ouvrir devant lui une mission d’une ampleur presque surhumaine. Parcourant la France entière pour inventorier les bâtiments anciens, il ne s’imagine pas toutes les surprises qui l’attendent en Normandie.

Prosper Mérimée jeune, dans Prosper Mérimée, ses portraits, ses dessins, sa bibliothèque par Maurice Tourneux, Paris, 1879. (DR)

Prosper Mérimée jeune, dans Prosper Mérimée, ses portraits, ses dessins, sa bibliothèque par Maurice Tourneux, Paris, 1879. (DR)

Mis à jour le 22 novembre 2025 à 16:12 Par
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Prosper Mérimée est issu d’une famille aisée. Bien que né à Paris, il a des attaches familiales fortes avec la Normandie : son grand-père, François, est un avocat brillant plaidant au Parlement de Rouen. Son père, Jean-François Léonor Mérimée, est originaire du petit bourg de Chambrais, rebaptisé depuis Broglie, à une dizaine de kilomètres de Bernay. Peintre talentueux et chimiste inventif ayant fait ses études à Caen, celui-ci est couronné d’un Prix de Rome, puis devient secrétaire perpétuel de l’École des Beaux-Arts. Il épouse le 22 juin 1802 Anne Moreau, petite-fille de Jeanne-Marie Le prince de Beaumont, une romancière très prolifique à succès née à Rouen, qui a vécu près de quinze ans à Londres après son divorce d’un mari infidèle. Prosper suit des études de droit, mais joue aussi du piano avec brio, chante plaisamment, aime les joutes philosophiques et fait preuve d’une grande facilité dans l’apprentissage des langues. La politique et la littérature le tentent : il réussit partout. Il travaille dans les ministères auprès du comte d’Argout et publie déjà de nombreuses nouvelles.

Une jeunesse pleine d’avenir

Quand il succède à Vitet au poste tout récent d’inspecteur des Monuments historiques, Prosper a trente et un ans. Peut-être pense-t-il que ce travail sera une sinécure, lorsqu’il écrit, dans une lettre datée du lendemain de sa nomination : « La place convient fort à mes goûts, à ma paresse et à mes idées de voyage ». En ce qui concerne la paresse, l’avenir va vite le détromper. C’est un jeune homme de son temps et de son milieu, parfaitement conscient des bouillonnements culturels et politiques qui remuent la société française, mais finalement peu charmé par le mouvement romantique.

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