Manoir du Catel
Renaissance d’un ensemble médiéval exceptionnel
Situé sur la commune cauchoise d’Écretteville-lès-Baons, cette authentique maison forte seigneuriale du XIIIe siècle a bien failli disparaître, victime ces cinquante dernières années de l’abandon et des outrages du temps. Sa destinée est désormais entre les mains d’un propriétaire passionné, qui met tout en œuvre pour la restaurer et la valoriser depuis près de vingt ans.
Le manoir du Catel se trouve au cœur de l’un des plus grands clos-masures du pays de Caux. (© Stéphane William Gondoin)
C’est en 2000, année ô combien symbolique, que Frédéric Toussaint acquiert le manoir du Catel. Voilà deux années déjà que ce Francilien d’ascendance normande, affectivement très attaché à l’ancien duché, tente de donner corps à son rêve d’enfant en acquérant un château médiéval, et qu’il sillonne le nord de la France à la recherche de la perle rare. Par l’une de ces journées glaciales et pluvieuses que nous réservent parfois nos hivers, le coup de téléphone d’une agence immobilière l’entraîne au cœur du pays de Caux, pour un choc terrible au milieu d’un océan de boue : « une barrière effondrée, une allée de mâchefer, des hangars éventrés, des étables en béton, des carcasses de voitures et d’engins agricoles sont l’écrin d’un manoir qu’on a du mal à discerner. […] Les salles immenses aux planchers perforés n’ont ni fenêtres ni portes, mais elles sont habitées : pigeons, souris, moineaux semblent parfaitement à l’aise à l’abri relatif de la pluie qui redouble de violence. […] Des seaux de plastique ou de métal essaient de retenir sous chaque fuite l’eau destructrice qui a commencé son dangereux travail, mais comme personne ne les vide… » De retour chez lui, il choisit dans un premier temps de ne pas donner suite, puis réfléchit, se ravise et prend une décision qui engagera toute sa vie : « Je sauverai le manoir du Catel ! »
Un symbole de justice seigneuriale
C’est que cet endroit, chargé d’Histoire et d’histoires, ensorcelle à plus d’un titre. Le nom d’Écretteville d’abord, fleure bon les rivages de la Baltique : ici, sans doute peu après 911 et la concession de l’embryon de la future Normandie au chef viking Rollon par le roi franc Charles le Simple, s’installa un colon scandinave nommé Skrauti.
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