L’épopée éclair de la Pucelle
De Lorraine aux portes de la Normandie
Premier tiers du XVe siècle. La France est un pays exsangue, dévasté par le conflit sanglant l’opposant depuis plusieurs décennies à l’Angleterre. Partout les armées du roi Charles VII sont en déroute. Entre alors en scène une jeune fille d’à peine dix-huit ans, qui rebat les cartes et change en trois mois le cours des événements. Depuis le village de Domremy jusqu’à Saint-Valéry-sur-Somme, bref retour sur l’odyssée de Jeanne d’Arc avant son arrivée en terre normande.
L’archange saint Michel, patron de la France et messager des ordres du Ciel à Jeanne d’Arc. Statue de Jeanne d’Arc, place de Résistance à Caen. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Année 1428. Charles VII (1422-1461) règne, du moins en théorie, sur une nation ruinée. Sa légitimité est en effet contestée et il ne maîtrise réellement que des territoires situés, pour l’essentiel, au sud de la Loire. Paris, Rouen, Caen et toute la Normandie sont entre les mains de ses ennemis. À l’est, le puissant duché de Bourgogne lui est également hostile. Même ses partisans sont divisés et de nombreuses querelles les opposent entre eux. À l’été, sa situation empire : Anglais et Bourguignons s’allient pour lancer une vaste offensive militaire sur le cours moyen de la Loire, avec pour cible principale la ville d’Orléans. Si elle vient à tomber, les jours de celui que ses adversaires surnomment dédaigneusement le « roi de Bourges » risquent fort d’être comptés. Le siège d’Orléans débute au mois d’octobre 1428 : il durera tout l’hiver et une partie du printemps.
Une arrivée messianique
Bien loin de là, en terre de Lorraine, une jeune fille de 16 ou 17 ans s’en vient frapper à la porte de Robert de Baudricourt, capitaine de la ville de Vaucouleurs et fidèle soutien de Charles VII. Elle se prénomme Jeanne (Jehanne dans la graphie du XVe siècle) et est la fille de Jacques d’Arc et d’Isabelle Rommée, un couple de laboureurs aisés de la paroisse voisine de Domremy (Vosges). Elle affirme entendre des voix célestes et être envoyée par Dieu pour secourir le roi et sauver la France ! Rien que ça… On imagine sans peine la stupeur de cet homme de guerre devant cette adolescente qu’il juge sans doute un brin effrontée, peut-être même totalement illuminée. Le premier réflexe de Baudricourt consiste à demander qu’on la ramène chez son père, non sans lui avoir administré au préalable quelques taloches
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