Richard Cœur de Lion
« Le diable est déchaîné »
Octobre 1192. Richard est sur le chemin du retour, la tête pleine de questions. Qu’a donc fait son frère Jean durant son absence ? De quelles duperies le roi de France s’est-il rendu coupable ? La Normandie est-elle demeurée en paix, comme le prévoyait le serment prêté par ce dernier ? Où en est la situation en son royaume d’Angleterre ? Et en cette Aquitaine, si indisciplinée ? Mais avant de songer à agir, il faut d’abord rentrer sain et sauf.
Richard trônant en majesté. À ses pieds, sur la droite de l’image, les têtes des sarrasins vaincus. Si, bien sûr, le massacre perpétré à Acre choque nos consciences contemporaines, il est à l’époque considéré comme un exploit qui porte la réputation de son auteur à son apogée. Chronique de Pierre de Langtoft, Angleterre, entre 1307 et 1327. (Royal Ms 20 A II, fol. 8 – © The British Library – Domaine public – www.bl.uk)
La Méditerranée d’abord, grouille de périls. Infestée de bateaux musulmans ou génois, ces derniers étant toujours alliés à Philippe, et de pirates sans foi ni loi, la navigation ne s’y avère guère aisée pour un navire isolé et faiblement défendu. Piètre faste pour celui qui était arrivé étincelant au Proche-Orient, à la tête d’une immense armada… Le duc-roi trouve finalement auprès des écumeurs de mer des alliés de circonstance : comme deux navires pirates abordent le sien, l’un des membres des équipages le reconnaît. Il est vrai que son 1,96 m ne passe pas vraiment inaperçu, surtout à une époque où la taille moyenne est beaucoup plus modeste que de nos jours. Une curieuse attirance mutuelle entre les pillards et ce roi-chevalier déjà légendaire, mène à la conclusion d’un accord : moyennant rétribution comme il se doit, Richard et quelques-uns de ses proches grimpent à bord d’un de leurs bateaux et se font débarquer sur la côte nord de l’Adriatique.
Une arrestation arbitraire
Si la mer constitue par essence un milieu dangereux, la terre ne l’est pas moins pour un souverain qui a semé les rancunes aux quatre vents. Impossible de traverser les domaines du comte de Toulouse, ennemi de longue date, ni même l’Aquitaine, où des insurgés sèment le chaos.
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