PATRIMOINE NORMAND

Richard Cœur de Lion

La jeunesse d’un prince rebelle

Avec Robert le Libéral, Richard Cœur de Lion est assurément le duc de Normandie à la personnalité la plus déroutante. Ce troisième fils du couple Henri II Plantagenêt – Aliénor d’Aquitaine n’était à l’origine nullement destiné à recueillir l’ensemble de « l’empire Plantagenêt », mais simplement à récupérer l’héritage maternel, comté de Poitou et duché d’Aquitaine. Avant de devenir un duc de Normandie ou même un roi d’Angleterre, Richard fut d’abord un prince profondément… aquitain !

Statue équestre de Richard Cœur de Lion devant le Parlement de Westminster, à Londres. (© Par Loz Pycock – Travail personnel – CC BY-SA 2.0 – www.flickr.com)

Statue équestre de Richard Cœur de Lion devant le Parlement de Westminster, à Londres. (© Par Loz Pycock – Travail personnel – CC BY-SA 2.0 – www.flickr.com)

Mis à jour le 11 novembre 2025 à 15:30 Par
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Nous devons le mythe du « bon roi Richard », monarque juste, droit, adulé par le peuple anglais, au génial romancier sir Walter Scott, qui en dresse un portrait flatteur dans son roman Ivanhoé (1819), en opposition à celui du sinistre « prince Jean », archétype du félon et du lâche. Nous sommes là pourtant à mille lieues de l’image qui s’esquisse, par-delà les siècles, à la lecture des auteurs contemporains : dans leurs écrits, Richard apparaît aussi flamboyant que gouailleur, tour à tour d’une insondable cruauté et d’une clémence improbable, aussi prompt à susciter les inimitiés féroces que les fidélités indéfectibles. À la fois poète talentueux et combattant redoutable, il se montre courageux jusqu’à la témérité, ce qui lui coûtera d’ailleurs la vie… Quant à son « amour » pour l’Angleterre, il reste à relativiser : en un peu moins de dix ans de règne, il ne passera que six mois dans l’île et ne daignera pas y laisser reposer un seul de ses cheveux après sa mort. Affublé de son vivant du surnom de « Cœur de Lion », mais aussi du sobriquet peut-être bien moins glorieux de « Oui-et-Non », il appartient à cette catégorie d’hommes statufiés au carrefour de l’histoire et de la légende.

Un pion sur l’échiquier

Comme tous les princes de son rang, Richard est d’abord un atout dans le jeu diplomatique auquel se livre son père. Né en 1157, il se retrouve fiancé dès l’âge de 2 ans à l’une des filles du comte Raymond-Bérenger IV de Barcelone, dont Henri souhaite l’alliance pour enserrer le comté de Toulouse entre les deux mâchoires d’un étau. L’affaire ne se conclut finalement pas et Richard est promis en 1169 à Aélis de France, fille de Louis VII et de sa seconde épouse, Constance de Castille.

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