Robert le Magnifique
Le glaive et la foi
Ah ! Le voilà bien l’archétype du grand seigneur féodal, dispendieux à souhait, alternant les colères aussi soudaines que venimeuses avec les repentirs sincères et spectaculaires, capable de déclencher des guerres terribles à la moindre offense, ou de tout quitter sur un coup de tête pour marcher dans les chemins de son Dieu… Le père de Guillaume le Conquérant apparaît comme l’une des personnalités les plus complexes, contrastées et attachantes de la maison de Normandie.
Robert le Magnifique. (© Laurent Ridel)
Conscient qu’une succession est toujours un passage critique dans une dynastie, Richard II réaffirme sur son lit de mort son attachement à la règle de primogéniture masculine. « Ayant appelé son fils Richard », explique le moine Guillaume de Jumièges, « il le mit à la tête de son duché, après avoir consulté les hommes sages, et donna à Robert le comté d’Hiémois [ndla : région d’Exmes, Orne], afin qu’il pût être en état de rendre à son frère le service qu’il lui devait ». Tout doit donc bien se passer entre les deux jeunes héritiers. Du moins, en théorie..
Éphémère duc Richard III
Très vite Robert se jette sur le château de Falaise et s’y enferme en compagnie de plusieurs de ses fidèles, avec la ferme intention de le soustraire à l’autorité ducale. Aux yeux du duc Richard III, il s’agit d’un acte d’insubordination grave qu’il ne peut laisser impuni. Il lève donc une armée et file en direction du val d’Ante. Après avoir subi un siège en règle, au cours duquel on fait « sans cesse jouer les béliers et les balistes », Robert juge finalement plus prudent de se soumettre.
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans le hors-série « Normandie Médiévale » en intégralité, vous pouvez acheter le hors-série en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
