PATRIMOINE NORMAND

Histoire de la forêt normande

La Normandie appartient à la France chauve. En effet, seuls 13 % de sa superficie sont couverts de forêts, un chiffre pâle en comparaison de la moyenne nationale qui avoisine les 29 %. Au XIIIe siècle, notre région était pourtant l’une des provinces forestières du royaume. Mangées par l’urbanisation, repoussées par les cultures, les forêts apparaissent aujourd’hui parmi les derniers îlots d’une nature préservée. Leur histoire prouve cependant que les Normands les fréquentèrent, les aménagèrent, les exploitèrent et les replantèrent depuis des temps anciens.

Lever de soleil en forêt d'Écouves. (© Stéphane William Gondoin)

Lever de soleil en forêt d’Écouves. (© Stéphane William Gondoin)

Mis à jour le 11 décembre 2025 à 12:33 Par
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Le mythe de la Normandie chevelue

Il y a des images historiques que la BD parvient à imprimer dans nos esprits. Obélix rentre de la chasse avec deux sangliers sous les bras, tandis que Panoramix coupe à la serpe le gui d’un arbre. Le village gaulois vit donc de la forêt épaisse qui l’environne. Aujourd’hui, les archéologues tordent le cou à cette image d’une campagne vert sombre. Dans la plaine de Caen, dans l’Évrecin, la densité des fermes gauloises localisées lors de fouilles est telle, qu’il n’y avait déjà plus de place pour la forêt avant même l’arrivée des Romains.

En réalité, depuis la révolution néolithique, c’est-à-dire il y a 7 500 ans dans notre région, les hommes ont sévèrement entamé le couvert forestier afin de gagner des espaces où cultiver et pâturer. Cette pression agricole s’intensifie à partir du IIe siècle avant J.-C., comme l’attestent les analyses palynologiques : des scientifiques ont examiné au microscope les anciens pollens et spores prisonniers des sédiments et ont noté que les essences forestières diminuaient considérablement au profit des herbacées, notamment les céréales. Les bois déguerpissent des plateaux à la fin de l’époque gauloise, puis sous la pax romana. Sortant de leur village palissadé, Astérix et Obélix ne se seraient pas enfoncés dans des bois, mais ils auraient traversé des étendues de champs et de prairies où l’arbre aurait été cantonné aux haies.

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