PATRIMOINE NORMAND

Histoires étonnantes de Normandie

Journal de bord en Normandie – Michel de Decker

Entre le train du Bonhomme Michelin qui roule vers la Côte Fleurie et qui croise en chemin le moine de la comtesse de Ségur ; entre une reine d’Espagne qui aime les tripes cauchoises et un maire de Cabourg sanguinaire ; entre ce guérisseur rouennais qui a plus d’une maudite corde à son arc et ces deux présidents de la République dont l’un se prend pour un marsupial quand l’autre croque du diamant noir, le Journal de Bord en Normandie n’a pas fini de vous étonner…

10 septembre 1931 – Voyage inaugural de la Micheline. (© Patrimoine Normand)

10 septembre 1931 – Voyage inaugural de la Micheline. (DAO Patrimoine Normand)

Mis à jour le 16 décembre 2025 à 13:31 Par
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La robe ou le jupon

Le jeudi 10 septembre de 1931, sur les coups de midi quarante, l’engin qui avait démarré en gare de Saint-Lazare en présence d’André Citroën et d’une belle brochette de journalistes, entrait en gare de Deauville. Après seulement deux heures et quart de trajet. Record de vitesse absolu ! Trente-deux minutes de moins que le rapide de luxe ! Près de 110 kilomètres/heure de moyenne, avec d’incroyables pointes à 130 ! Et surtout, quel confort ! Au vrai, cet engin-là ressemblait plus à un autocar doté d’une remorque qu’à un train traditionnel et ses roues étaient équipées de pneus imaginés par André Michelin, des pneus creux capables de s’adapter au rail et de franchir sans heurt les aiguillages. Mort six mois plus tôt, le génial André Michelin n’avait pas eu le bonheur d’assister à l’événement. C’est donc son fils, Marcel, qui avait décidé de lancer ce prototype qui avait été baptisé la Micheline et qui sillonnera les rails de France et de Normandie jusque dans les années cinquante.

Avec ou sans Micheline, la voie ferrée Paris-Deauville existait depuis les années soixante du XIXe siècle. En 1900, par exemple, on mettait trois heures pour arriver sur la Côte Fleurie en venant du huitième arrondissement parisien. Le train du samedi soir, celui qui était chargé des maris qui avaient passé leur semaine à travailler dans la capitale, était le plus prisé. Ces maris-là retrouvaient donc femmes et enfants pour le week-end et pouvaient repartir le dimanche soir afin d’être au bureau, tout frais et vivifiés par le bon air marin, dès le lundi matin. Allez seulement savoir pourquoi ce train du dimanche soir, qui les menait vers la capitale, était surnommé le train des cocus ? « Bah », se consolait Sacha Guitry, qui aimait tant la côte normande, « n’est pas cocu qui veut et nous ne devons épouser que de très jolies femmes si nous voulons qu’un jour on nous en débarrasse… »

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