Le voyage de Louis XVI en Normandie
La parenthèse enchantée
Le 29 juin 1786, Thierry, le valet de chambre de Louis XVI, ne reconnaît plus son maître de retour au château de Versailles. Le roi, habituellement timoré, apparaît joyeux et plein d’assurance. Avoir voyagé en Normandie jusqu’à Cherbourg semble l’avoir doté d’une force nouvelle. Que s’est-il passé durant les huit jours de son escapade normande pour expliquer une telle métamorphose ?
Départ d’une caisse conique en présence de sa Majesté Louis XVI à Cherbourg le XXIII juin MDCCLXXXVI. Estampe de Helman. Dessin de Chatry de la Fosse (l’ainé). 1788. (© Gallica/BNF)
C’est le ministre Calonne qui a suggéré à Louis XVI d’aller visiter Cherbourg. À l’extrémité du Cotentin, on s’active en effet pour le plus grand chantier du règne. Il s’agit de doter Cherbourg d’un grand port de guerre. À cette fin, on édifie une longue digue qui doit abriter la flotte de la Marine royale. Les travaux, titanesques, attirent les voyageurs français ou étrangers.
Un bol d’air bienvenu pour Louis XVI
Si Louis XVI, curieux des choses maritimes, est ravi d’aller à Cherbourg, il s’inquiète en revanche de l’attitude des Normands. Le voyage se déroule dans la foulée de l’affaire du Collier, un scandale qui a discrédité la reine Marie-Antoinette et par ricochet son époux. Dans les salons littéraires et politiques, dans les gazettes échangées sous le manteau, on se moque de Louis XVI, peint comme l’esclave de sa coquette et dispendieuse femme. S’il n’y avait que ça… Le sceptre royal, déjà éclaboussé par cette affaire, flanche sous les critiques des Lumières et de la haute noblesse. L’arbitraire royal est contesté. Bref, au moment du départ pour la Normandie, la monarchie est en difficulté.
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