PATRIMOINE NORMAND

Cimetières militaires en Normandie

Inhumer les morts

Aujourd’hui, vingt-sept cimetières militaires de la Seconde Guerre mondiale dispersés à travers la Normandie, accueillent les sépultures d’environ 100 000 soldats de treize nationalités différentes. Au-delà de l’histoire de ces cimetières, la création même des nécropoles suit une logique très récente.

Cimetière américain de Colleville-sur-Mer, au-dessus de la mythique plage d’Omaha Beach. Ici reposent de nombreux jeunes soldats morts sur la plage en contrebas… pour notre liberté… (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, entretenu par The American Battle Monuments Commission commémore 9 387 soldats ainsi que 1 557 disparus. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 31 décembre 2025 à 12:06 Par
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Depuis l’Antiquité et jusqu’au XIXe siècle, seuls les généraux et chefs militaires étaient inhumés, tandis que les simples soldats étaient jetés dans des fosses communes, quand ils n’étaient pas abandonnés sur le champ de bataille. L’ampleur des pertes dans les conflits et l’absence de détails permettant l’identification des soldats, expliquaient à elles seules les enterrements rapides dans l’anonymat le plus complet, sans que les familles puissent être informées.

Enterrer dignement les soldats

Durant la guerre de Sécession américaine (1861-1865), les inhumations de masse sont encore monnaie courante. En revanche, à partir de 1862, le Congrès américain permet au président Abraham Lincoln d’acheter des terrains, afin de constituer des cimetières nationaux et d’enterrer les soldats dans des tombes individuelles, pour faciliter le deuil des familles. Ces cimetières nationaux sont d’abord construits à proximité des champs de batailles, puis se multiplient un peu partout après la guerre. Les soldats demeurent inconnus pour une grande partie, l’identification n’étant possible que grâce aux documents trouvés sur les corps, aux documents familiaux ou aux témoignages des camarades d’armes survivants. Cet « humanisme » de la seconde moitié du XIXe siècle, s’affirme aussi en Europe suite à la guerre de 1870-1871 et surtout suite au traité de Francfort, qui marque la volonté des États de prendre en charge les sépultures militaires et leur entretien. Des dispositions sont prises afin de regrouper les corps par nationalité et par religion

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