Boucles de la Seine normande
Tous en Seine !
Du 6 au 16 juin prochain, la ville de Rouen accueillera son sixième rassemblement de vieux gréements et de voiliers prestigieux. L’Armada 2013 perpétue ainsi l’heureuse tradition initiée en 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française. Clou de cette manifestation d’exception, la Grande Parade, au cours de laquelle tous les navires participant à la fête descendront la Seine en file indienne, avant de reprendre le large pour de nouvelles aventures marines. Occasion unique pour notre magazine, de vous inviter à la découverte ou à la redécouverte dequelques-uns des joyaux patrimoniaux du val de Seine.
L’armada à Villequier en 2008. Le trois-mâts italien Amerigo Vespucci. (© Stéphane William Gondoin)
En visite au Havre le 20 brumaire an XI (11 novembre 1802), le premier consul Napoléon Bonaparte répondit à un discours de bienvenue prononcé par le maire de la cité océane, en affirmant que « Paris, Rouen et le Hâvre [sic] ne font qu’une seule ville, dont la Seine est la grande rue. » Avec son sens inné de la formule, le futur empereur résuma ainsi parfaitement en quelques mots toute l’importance du fleuve pour l’Île-de-France : la Seine, c’était alors l’ouverture de Paris sur la Manche, sa principale fenêtre sur le monde.
Trait-d’union entre l’ouest et l’est, la Seine constitua en revanche longtemps un obstacle majeur aux communications entre le nord et le sud. Avant l’inauguration en 1959 du pont de Tancarville, premier d’une série de trois franchissements construits entre l’estuaire et Rouen, on ne pouvait traverser le fleuve qu’au moyen de bacs essaimés depuis le Hode jusqu’aux portes de la métropole normande. Même après cette date, et jusqu’à l’ouverture à la circulation du pont de Normandie en 1995, effectuer le trajet entre Le Havre et Honfleur revêtait des allures d’odyssée, au gré de routes sinueuses, étroites et interminables. L’expression typiquement havraise « de l’autre côté d’l’eau » perpétue le souvenir de ces temps révolus : elle ne signifie nullement sauter à bord du premier ferry pour gagner l’Angleterre, mais simplement franchir la Seine et se rendre dans le Calvados ou l’Eure. Tout cela semble remonter au déluge, quand vingt minutes sont aujourd’hui nécessaires pour relier les deux centres-villes. C’était pourtant hier à peine…
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°85 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
