Le crépuscule des châteaux forts normands
Trois siècles de bouleversements
De fin du XIIe siècle à l’approche du XVIe siècle, les systèmes fortifiés connaissent de nombreuses évolutions, rendues indispensables par l’apparition d’armes de siège toujours plus performantes. Aux premières lueurs de la Renaissance, c’est le concept même de château fort qui disparaît, même si les bâtisseurs resteront longtemps attachés à la symbolique des constructions médiévales.
Château-Gaillard, géant de pierre trônant au sommet de sa montagne. L’orgueil de Richard Cœur de Lion. (© Stéphane William Gondoin).
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, peut-être autour du Bassin méditerranéen, apparaît un nouveau type d’armes de siège : les machines de jet à contrepoids. Jusqu’alors, l’artillerie médiévale se composait principalement de pierrières légères, propulsant grâce à la traction humaine des boulets de pierre pesant au maximum une trentaine de kilos à 80 m. Désormais, des engins comme les trébuchets ou les mangonneaux, dotés de contrepoids de plusieurs tonnes, sont capables d’expédier des projectiles de 150 kg jusqu’à 200 m. Leur cadence de tir reste certes modérée (1 à 2 coups par heure), mais une fois installés et soigneusement réglés, ils peuvent frapper le même point d’une muraille des jours durant avec une précision chirurgicale.
L’architecture Plantagenêt
Aucune enceinte n’a alors été conçue pour résister à un pareil traitement et les vieilles forteresses d’antan nécessitent une modernisation complète. C’est par exemple le cas de Gisors, verrou de la Normandie à sa frontière avec les terres du roi de France, qui voit sous Henri II Plantagenêt (1150-1189) et Richard Cœur de Lion (1189-1199) son noyau historique (composé de la motte castrale centrale, de sa chemise et de sa tour maîtresse) enveloppé d’une vaste enceinte flanquée de tours de formes variées : en U, cylindriques, polygonales, à éperon…
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