PATRIMOINE NORMAND

Les châteaux forts normands

Aux origines de la fortification

Dans l’imaginaire collectif, le terme château fort renvoie immédiatement à de hautes tours aux murailles épaisses, couronnées de mâchicoulis et coiffées de toitures en poivrière, au pied desquelles joutent des chevaliers bardés d’acier couverts de surcots multicolores. Cette image romantique d’un Moyen Âge idéalisé mérite d’être largement nuancée : en Normandie comme ailleurs, les châteaux forts, et plus généralement les systèmes fortifiés, ont connu maints bouleversements au fil du temps, pour s’adapter en permanence à l’évolution du contexte géopolitique et des techniques de siège.

Avec ses hautes tours et ses puissantes murailles, Falaise représente l'archétype de la forteresse médiévale. (© Stéphane William Gondoin).

Avec ses hautes tours et ses puissantes murailles, Falaise représente l’archétype de la forteresse médiévale. (© Stéphane William Gondoin).

Mis à jour le 18 novembre 2025 à 02:13 Par
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Se fortifier pour se protéger des périls du monde extérieur est un réflexe qui remonte aux origines de la civilisation. Au début du Néolithique déjà, c’est-à-dire plusieurs milliers d’années avant notre ère, les hommes qui se sédentarisent se retranchent avec leurs biens derrière des fossés profonds et des talus surmontés de palissades. Des enceintes enserrant des superficies modérées (quelques hectares ou dizaines d’hectares) datant de cette époque, ont notamment été mises au jour par les archéologues de l’INRAP (Institut national de Recherches préventives) à Goulet (nouvelle commune de Monts-sur-Orne, dans l’Orne) ou à Saint-Martin-de-Fontenay (Calvados). Il s’agit alors sans doute de mettre de petites structures claniques à l’abri d’actes de prédation perpétrés par des clans voisins, des peuplades errantes mal intentionnées, voire des animaux sauvages.

Une protohistoire agitée…

La construction de fortifications est toujours intimement liée à l’établissement et à la persistance d’un climat d’insécurité. Leur nombre semble diminuer au Néolithique inférieur (sous réserve de nouvelles découvertes archéologiques), ce qui est plutôt signe d’une relative stabilité. Elles refont toutefois surface au cours de l’âge du bronze, avec une intensification du phénomène au bronze final (XIIe–Xe siècle av. J.-C.), qui paraît correspondre avec l’émergence d’une classe aristocratique guerrière. Il s’agit cette fois de verrouiller l’accès à des surfaces beaucoup plus étendues, pouvant compter jusqu’à plusieurs milliers d’hectares. À cette catégorie appartiennent le célèbre Hague-Dick, qui ferme la presqu’île de la Hague (3 000 ha, Manche), ou encore l’ensemble connu sous le nom de Fossé Saint-Philibert, qui barre la presqu’île de Jumièges (1 300 ha, Seine-Maritime), dans un méandre de la Seine.

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