PATRIMOINE NORMAND

Louis de Frotté,

chef de la chouannerie normande

Il portait le plus royal de nos prénoms, Louis. Son nom s’ornait d’une particule montrant ses ascendances nobles, de Frotté, mais il ne conserva de cette noblesse que la meilleure acception du terme. Louis de Frotté, aventurier au grand cœur ou héros romantique, fut le chef de la chouannerie normande. Toutefois nos Normands, peut-être devenus plus républicains que leurs ancêtres, ont relégué aux oubliettes ce héros de notre histoire et nulle rue de nos villes ne vient rappeler au passant, qu’il fut le défenseur de la royauté mais aussi d’une certaine identité normande face à une révolution française uniformatrice.

Louis de Frotté (1755-1800), général vendéen. Par Bouteiller Louise (1783-1828), musée d'Art et d'Histoire de Cholet. (Photo Ange Leclerc-Kérouillé © Patrimoine Normand)

Louis de Frotté (1755-1800), général vendéen. Par Bouteiller Louise (1783-1828), musée d’Art et d’Histoire de Cholet. (Photo Ange Leclerc-Kérouillé © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 26 mars 2026 à 19:10 Par
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D’origine bourbonnaise, les de Frotté deviennent Normands avec Jehan de Frotté. Secrétaire de François Ier, il passe au service de la sœur du roi, Marguerite de Navarre, en tant que Chancelier et suit celle-ci lorsqu’elle épouse le Duc d’Alençon en 1509. Il ancrera sa famille dans les terres normandes avec l’acquisition d’un domaine à Couterne, dont ses descendants sont toujours les occupants.

Jehan est proche de la duchesse d’Alençon, poète à ses heures, il a beaucoup d’affinités avec cette femme remarquable. Marguerite est cultivée, intelligente, amie des arts et des sciences et ouverte aux idées nouvelles. Comme elle, Jehan fut séduit par le protestantisme et ses descendants adoptèrent la religion réformée. C’est donc au sein d’une famille protestante que Louis naquit le 5 août 1766, mais sa mère étant catholique il fut baptisé le même jour en l’église d’Alençon. Son père, Henry de Frotté, n’était pas le maître de Couterne, qui avait échu à son frère, mais le simple sieur de la Rimblière à Damigny, en périphérie d’Alençon. Il avait eu une carrière militaire comme nombre de ses ancêtres, qui s’étaient illustrés au service du roi. Le métier des armes ne lui ayant pas amené la fortune, la famille vivait modestement (comme d’ailleurs, une moitié de la noblesse à la veille de la Révolution ; cette noblesse diabolisée, pour sa majorité, était très loin d’être un op­presseur du peuple). À défaut de l’être d’écus, l’enfance de Louis fut riche d’affection. D’abord de sa mère Aga­the, puis après sa disparition prématurée (Louis avait 7 ans), de sa tante Mme de Chabot et de ses cousines, qui le choyèrent également, avant de retrouver, avec le remariage de son père, une belle-mère qui l’éleva comme un fils. Il fut aimé également de son oncle, le marquis de Couterne, qui songea à en faire son héritier, avant d’avoir un fils, mais aussi de son grand père et de son grand-oncle qui vivaient à la Rimblière.

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