L’art des jardins en Normandie
Depuis qu’elle a commencé à peindre sur les parois des grottes, il y a plusieurs dizaines de milliers d’années, l’humanité n’a cessé de démontrer un goût prononcé pour l’expression artistique. À ce jour, à notre connaissance, voilà tout ce qui la distingue encore des autres espèces animales évoluées, êtres sensibles et conscients d’eux-mêmes comme nous. Et cette appétence pour l’art s’exprime depuis la nuit des temps dans tous les domaines, y compris celui de « sculpter » le végétal et d’aménager des jardins.
Le jardin de Claude Monet, à Giverny, à la fois œuvre d’art et sujet d’art. (© Stéphane William Gondoin)
Voici une bien vieille histoire, celle du premier couple auquel nous devons, si l’on en croit l’Ancien Testament, l’infortune de notre misérable condition de mortels. Ladite histoire débute dans un jardin, le plus célèbre d’entre tous : « Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait formé. Le Seigneur Dieu fit germer du sol tout arbre d’aspect attrayant et bon à manger » (Gn, 2, 8-9 – Tob, 1988). Le péril des bêtes sauvages mis à part, Jean-Jacques Rousseau décrit un environnement assez similaire dans son Discours sur les fondements de l’inégalité parmi les hommes : « Je le vois [N.D.A. : l’homme à l’état de nature] se rassasiant sous un chêne, se désaltérant au premier ruisseau, trouvant son lit au pied du même arbre qui lui a fourni son repas ; et voilà ses besoins satisfaits. »
De toute Antiquité
On connaît – hélas – la suite : Dieu a également planté dans le jardin d’Éden un « arbre de la connaissance du bien et du mal », produisant des fruits magnifiques auxquels il a interdit de goûter. Jeu bien cruel que celui qui consiste à mettre à portée de main d’enfants des bonbons acidulés et colorés auxquels ils n’ont pas le droit de toucher… Pour avoir osé défier son autorité, Adam et Ève sont chassés du jardin d’Éden et condamnés à parcourir une nature hostile, où ils devront gagner leur pain quotidien à la sueur de leur front : « Le sol sera maudit à cause de toi ; c’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie, il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs » (Gn, 3, 17-18 – Tob, 1988).
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