PATRIMOINE NORMAND

Abbaye de Valmont

Histoire, tombeaux et découvertes archéologiques

Entre vestiges enfouis et monuments funéraires, l’abbaye de Valmont révèle un pan méconnu de son histoire. Les recherches archéologiques menées depuis les années 1990 ont mis au jour des témoignages précieux sur les pratiques monastiques et funéraires, éclairant d’un jour nouveau la vie quotidienne des religieux comme la mémoire des grandes familles qui ont marqué le lieu.

Abbaye Notre-Dame-du-Pré de Valmont. L’abbatiale, transformée au XIXe siècle en ruine romantique a été restaurée et couverte d’une toiture. Les tombes fouillées en 1998 sont essentiellement localisées dans le bas-côté sud et donc à droite du cliché au-delà des piliers.

Abbaye Notre-Dame-du-Pré de Valmont. L’abbatiale, transformée au XIXe siècle en ruine romantique a été restaurée et couverte d’une toiture. Les tombes fouillées en 1998 sont essentiellement localisées dans le bas-côté sud et donc à droite du cliché au-delà des piliers. (© Érik Follain)

Mis à jour le 15 avril 2026 à 22:52 Par
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Non loin de la côte fécampoise, au fond de la vallée de la Valmont, le village éponyme possède un patrimoine remarquable. Le bourg, dominé par le château dont les origines remontent au XIe siècle, entoure l’abbaye installée au bord du cours d’eau. Fondé par Nicolas d’Estouteville en 1169, le monastère fut dédié à Notre Dame. Abbaye bénédictine, elle connut l’opulence, puis les vicissitudes du pillage par les huguenots et les ligueurs. Vendue à la Révolution, elle va rester ensuite propriété d’une même famille. Dans les années 1990, l’abbaye re­trouve sa fonction religieuse. En 1993 c’est l’installation de la communauté des bénédictines de Notre-Dame-du-Pré de Li­sieux. Bien sûr ceci nécessite la création de nouveaux bâtiments et la réfection de l’église. Depuis ce renouveau de l’abbaye des observations intéressant, entre autres, les pratiques funéraires ont enrichi notre connaissance du lieu.

Au début des années 1990, des sondages archéologiques ont été ouverts dans l’emprise des extensions envisagées. Une des tranchées a permis de reconnaître le chapitre originel le long du côté nord de l’abbatiale. La présence d’un mur doublé de banquette est, à ce titre, très révélatrice ainsi que la découverte de plates-tombes intégrées au pavement de carreaux de terre cuite. Malgré le recouvrement des vestiges par la nappe phréatique un relevé a pu être réalisé. Rappelons au passage, que souvent les monastères sont installés à proximité des rivières pour bénéficier de l’énergie hydraulique et que cela est parfois source d’inondations fréquentes. D’ailleurs les religieux de Valmont qualifiaient leur logement « d’aquatique » au XVIIe siècle.

Reconstitution de la découverte d’une plate-tombe inédite encastrée dans le pavement de la salle capitulaire.

Reconstitution de la découverte d’une plate-tombe inédite encastrée dans le pavement de la salle capitulaire. (© PAO Érik Follain)

L’une des deux dalles a été mise au jour en totalité. Seule la partie comportant l’inscription funéraire a disparu et le défunt reste donc, pour l’instant, anonyme. De forme trapézoïdale, elle est taillée dans un calcaire (cénomanien légèrement glauconite et donc verdâtre) de la région de Fécamp. Le style de la gravure et le type de représentation la datent des XIIIe/ XIVe siècles. Le défunt est l’un des abbés de Valmont ; à ses pieds sommeille un lévrier. Il est placé, en costume liturgique, dans une arcature et il soutient de la main droite un calice. Sur son épaule gauche repose sa crosse.

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