Site de la Fontaine Saint-Denis
La mise au jour d’une enceinte fortifiée du XIe siècle
Il y a encore peu de temps, dans le site agreste et boisé du vieux Gravenchon, aucune trace humaine n’était visible. Juste une motte recouverte d’une végétation luxuriante. Qui aurait pu se douter, non loin des torchères fumantes du vaste complexe pétro-chimique de la Basse Seine, qu’existait là une enceinte féodale du XIe siècle, témoin des grandes heures de l’Histoire de la Normandie ? Il fallait tout le flair et la compétence de l’archéologue réputé Jacques Le Maho pour, dès 1979, mettre au jour ces vestiges incroyables qui ont nécessité un chantier de fouilles de plus de vingt années.
Site archéologique de la Fontaine Saint-Denis, à Notre-Dame-de-Gravenchon. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand.)
Ce fut alors – et ce l’est encore aujourd’hui – une véritable révélation que ces ruines émouvantes d’un ensemble fortifié, un des rares exemples en France du « premier âge féodal » qui fut construit par des hommes voici près de mille ans. Bien sûr, ce ne sont pas les ruines fantastiques, et combien imposantes, comme celles du château d’Arques-la-Bataille par exemple qui datent à peu près de la même époque. Mais la découverte, étayée par des faits historiques incontestables, est pour le moins surprenante. Il suffit pour le croire de grimper le petit lacet jusqu’au sommet de la butte. Et là, au milieu de ces vestiges qu’entoure un mur circulaire à moitié arasé, mais bien reconstitué, on se sent comme propulsé dans un espace hors du temps face à ces pierres figées qui vous parlent du passé tandis qu’au loin des hautes cheminées de notre civilisation se dressent sur l’horizon.
Une source dans la forêt
Le site dont fait partie cet antique château est celui de la Fontaine Saint-Denis, source qui alimente le Telhuet, petit ruisseau arrosant tout le territoire de Gravenchon, dominé de part et d’autre par de hautes collines boisées. Car la forêt entourait jadis – et encore actuellement mais dans une moindre densité – tout le paysage gravenchonnais. D’où l’intérêt porté pour ces lieux par les seigneurs d’antan qui pouvaient y chasser à longueur de journée en plein milieu d’une nature giboyeuse.
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°48 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
