Le château médiéval de Lillebonne (suite)
Une étude critique de quelques représentations de la forteresse au XIXe siècle.
À défaut de sources abondantes, le château de Lillebonne se raconte à travers les regards du XIXe siècle. Gravures et dessins anciens, confrontés avec rigueur, permettent aujourd’hui de restituer la grande salle disparue et de corriger certaines visions erronées de la forteresse.
La grande salle du château de Lillebonne, vue du nord-ouest, par Truchet, en 1820. De prime abord, cette lithographie ne semble pas très originale. Un examen attentif montre cependant que l’auteur a distingué la baie située à l’extrémité orientale du mur. Non seulement l’ouverture ne comporte pas de division intérieure, mais l’arc qui la ferme est complexe, alors que les autres sont surmontées par un simple rouleau. (© Coll. Érik Follain)
Le château de Lillebonne fait partie de ces monuments mal documentés du point de vue historique, ayant connu d’importantes destructions au XIXe siècle, pour lesquels les représentations graphiques et artistiques constituent une source irremplaçable de renseignements. C’est en confrontant plusieurs d’entre elles que nous avons pu présenter, dans le numéro précédent de Patrimoine Normand, une proposition de restitution de l’élévation du bâtiment abritant la grande salle. Nous poursuivons aujourd’hui notre démarche, en invitant le lecteur à pénétrer dans cette salle, reconstituée graphiquement.
Nos recherches ont porté sur d’autres parties du monument. Notre analyse des représentations anciennes nous a conduit à nous intéresser à la courtine est, où certains dessinateurs ont placé un accès à la forteresse.
La connaissance de certains monuments médiévaux de la région doit beaucoup aux historiens, architectes ou artistes qui ont sillonné la Normandie dans la première moitié du XIXe siècle. Sur cette lithographie de L. Atthalin de 1821, on aperçoit un topographe à l’œuvre au fond du fossé entourant le donjon du château de Lillebonne. (© Coll. Érik Follain)
La grande salle du château, d’après les gravures du XIXe siècle
Il n’est pas inutile de revenir sur les points particuliers de la documentation qui nous ont permis d’être aussi précis dans la reconstitution de son élévation. La localisation et l’emprise du bâtiment sont fournis par le plan publié en 1767 par le comte de Caylus, dont les travaux ont déjà été évoqués. Le document comporte une échelle en toises qui permet de restituer un édifice large d’environ 11 m, pour 30 m de longueur, adossé à la courtine sud du château. Un second bâtiment, accolé à son pignon oriental, figure également sur le plan ; il n’en subsiste qu’une succession d’arcades qui ne permettent guère d’extrapoler son élévation.
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°57 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
